Le géant du streaming est le premier à agir, enfin, sur le cybersquatting des pages artistes par des faussaires aidés de l’IA.
Peut-être avez-vous déjà remarqué, sur la page d’un artiste que vous suivez, l’apparition d’un titre non annoncé, assorti d’une pochette qui tranche cruellement avec sa direction artistique. C’est probablement un cas de cybersquatting. Aujourd’hui, n’importe qui, ou presque, peut en réalité créditer un artiste sur un morceau uploadé sur les plateformes de streaming, le faisant ainsi apparaître sur sa page. Un problème généralisé à l’ensemble des plateformes de streaming, qui touche à la façon même dont sont mis en ligne les morceaux sur ces services, que Spotify semble enfin résolu à corriger.
Les artistes vont pouvoir approuver manuellement les morceaux sur leur page
Cela paraît absurde quand on n’y connaît rien, mais la page d’un artiste sur les plateformes de streaming, ce n’est pas comme une page Instagram ou Facebook, sur laquelle on choisirait ce qui apparaît ou non. Pour l’essentiel, c’est une boîte noire, dont les clés ne sont laissées qu’aux labels et autres distributeurs faisant office d’intermédiaire, et qu’eux seuls sont en mesure de piloter pour les artistes qu’ils représentent.
Pour redonner du pouvoir aux artistes, Spotify annonce Artist Profile Protection. Ce nouveau service, accessible en bêta, bouleverse en profondeur la façon dont pourront être uploadés les titres et albums sur la plateforme. Une fois activée, la protection entraînera l’envoi systématique d’une notification à l’artiste, qui devra passer en revue manuellement chaque morceau en attente pour décider de le faire apparaître sur sa page ou non.
Laborieux ? Spotify en est conscient, et annonce dans son post que cette tâche peut évidemment être déléguée aux managers et labels. Par ailleurs, pour éviter de mettre des bâtons dans les roues des distributeurs, Spotify fournira dorénavant aux artistes une clé, un identifiant secret attestant de leur identité. Cet identifiant pourra être partagé aux distributeurs afin que les titres qu’ils publient soient automatiquement approuvés.
Spotify reconnaît les problèmes posés par l’IA
« Des morceaux se retrouvent sur les mauvaises pages d’artistes sur les plateformes de streaming, et l’explosion des titres générés par IA, ultrasimples à produire, n’a fait qu’aggraver la situation, explique Spotify dans son communiqué. Ce n’est pas l’expérience que nous souhaitons offrir aux artistes sur Spotify, et c’est pourquoi nous avons fait de la protection de leur identité une priorité absolue pour 2026. »
Une posture qui tranche avec les précédentes déclarations du leader du streaming musical qui, jusqu’à présent, était particulièrement friand de l’intégration de l’IA tous azimuts sur la plateforme. Contrairement à Deezer, par exemple, Spotify ne fait rien pour mieux informer les auditeurs ou auditrices sur les morceaux générés par IA qui pullulent sur les services d’écoute. D’après la plateforme française, plus de 60 000 titres générés par IA sont uploadés tous les jours sur les différentes plateformes.
Avec cette mesure inédite et nécessaire, Spotify fait enfin un pas dans la bonne direction pour mieux protéger les artistes et leur donner un meilleur contrôle éditorial. Espérons que le reste du marché suivra l’exemple.