L’usine à « slop » d’OpenAI ferme ses portes. L’entreprise américaine a annoncé la nouvelle hier à la surprise générale.
Lancé fin 2025 sous la forme d’une application et d’un réseau social, Sora servait de vitrine à OpenAI pour montrer les avancées de ses modèles de génération de vidéos par IA. Un concurrent à Veo, de Google, qui rend finalement les armes. D’après les informations de The Hollywood Reporter, l’investissement d’un milliard de dollars de Disney autour de l’utilisation de ses licences par Sora tombe naturellement à l’eau.
La génération de vidéos, c’est terminé pour OpenAI
« Nous faisons nos adieux à Sora », annonce OpenAI dans un post publié sur X, promettant d’autres informations à suivre sur le sujet et la feuille de route. Cela concerne non seulement la fonction de génération de vidéos à l’aide de prompts, mais également le réseau social éponyme, inspiré de TikTok, permettant de scroller à l’infini parmi les vidéos générées par les internautes. L’accès à l’API de Sora sera également désactivé dans les prochaines semaines. Bref : Sora est mort.
Une annonce qui peut surprendre, mais qui ne sort pas de nulle part. On sait depuis des mois que la génération de vidéos coûte une véritable fortune à OpenAI qui, pour rappel, n’a toujours pas dégagé le moindre profit, alors qu’elle envisage une entrée en bourse plus tard cette année. D’après la dernière étude du MIT, générer cinq secondes de vidéo avec Sora équivaut à faire tourner un micro-ondes pendant une heure. Forbes publiait en fin d’année dernière un article estimant à 15 millions de dollars quotidiens le coût de l’entretien de Sora par OpenAI.
Au vu des finances de l’entreprise californienne, ce n’est donc plus tenable. D’autant que la concurrence, comme Veo 3.1 de Google ou l’impressionnant Seedance de ByteDance, semble désormais intéresser davantage les internautes avides de slop.
L’avenir nébuleux d’OpenAI
Seulement, la coqueluche de l’IA, conceptrice d’un ChatGPT qui reste à ce jour le chatbot le plus utilisé dans le monde, donne ces derniers temps l’impression de ne plus savoir ce qu’elle fait ni où elle va. Après s’être dédit de sa promesse de ne pas intégrer de pubs sur ChatGPT, on apprenait hier que le programme Instant Checkout, permettant de réaliser des achats directement depuis le chatbot, était envoyé à la casse. Dans le sillage de l’annonce de la fermeture de Sora, c’est donc le milliard de dollars promis par Disney qui part en fumée. Un investisseur qui sort de table, et pas des moindres, qui s’ajoute au géant Nvidia, qui annonçait il y a quelques jours revoir sa promesse d’une injection de 100 milliards de dollars à la baisse (ce ne sera finalement que 30 milliards).
Alors, OpenAI fait-elle encore rêver ? D’après elle, en tout cas, oui. Hier, alors même que Sora était envoyé au bûcher, la CFO de l’entreprise Sarah Friar annonçait à CNBC avoir levé 10 milliards de dollars de la part de nouveaux investisseurs. La bulle grossit, donc, sans que la moindre promesse de rentabilité ne semble atteignable avant, au moins, 2030, de l’aveu du patron de l’entreprise Sam Altman lui-même.
La nouvelle lubie d’OpenAI ? Une « superapp », qui regrouperait en son sein l’ensemble des produits OpenAI, et agirait peu ou prou comme un système d’exploitation embarqué sur l’appareil où elle est installée. L’entreprise doit également se lancer dans le hardware, avec un premier appareil énigmatique attendu en 2027. À moins, bien sûr, que ce drôle de projet soit la prochaine cible de la Faucheuse.