Une « super app », comme on dit en 2026, qui s’apprête à regrouper tous les produits de la marque pour être disponible partout, tout le temps, pour tous.
L’entreprise américaine, pionnière de l’intelligence artificielle grand public, n’a toujours pas généré le moindre bénéfice, mais elle a des projets plein la tête. D’après un article du Wall Street Journal, OpenAI s’apprête à regrouper ses (nombreux) produits au sein d’une « super app » sur le modèle de l’application chinoise WeChat, amalgame de réseau social, d’application bancaire, de messagerie et de service de livraison à domicile. Le but : réduire la dispersion de ses forces, et maximiser la rétention des internautes sur ses services, dans ce qui s’apparenterait alors à un véritable système d’exploitation piloté par l’IA.
Une fièvre acheteuse qui appelle à la simplification
La responsable de la branche Applications d’OpenAI, Fidji Simo, a confirmé la chose en réponse de l’article du WSJ. « Les entreprises passent par des phases d’exploration et de repositionnement; les deux sont essentielles, explique-t-elle. Mais, quand un nouveau pari commence à donner ses fruits, comme nous le voyons aujourd’hui avec Codex, il est capital de redoubler d’efforts et d’éviter les distractions. Je suis ravie que nous profitions de cette impulsion ! »
Codex, du nom du gestionnaire de génération et de maintien de programmation lancé récemment par OpenAI en réponse à Claude Code et Google Antigravity, n’est que l’une des nombreuses briques posées ces derniers mois par OpenAI. Elle fait partie des applications concernées par cette future « fusion » des produits de la marque au sein d’une super app, avec l’évident ChatGPT, et le navigateur web Atlas.
Mais, de quoi parle-t-on exactement ? Les détails ne sont pas encore connus, mais l’ambition d’OpenAI est clairement de concevoir une seule application qui regrouperait tous ses produits phares. Plus simple à comprendre pour les utilisateurs, et plus simple à maintenir par les équipes, cette super app doit devenir le nouveau vaisseau amiral d’OpenAI. Comme le rappellent nos confrères des Numériques, la startup américaine s’est offert pas moins de 12 entreprises en 18 mois, pour des montants pouvant s’élever à 6,4 millions de dollars. Le mois dernier, le développeur à l’origine du très populaire OpenClaw a également rejoint les rangs d’OpenAI, et devrait naturellement avoir son rôle à jouer dans la conception des fonctions agentiques du futur outil.
Des levées de fonds sans fin
On le disait plus haut : OpenAI n’a toujours pas dégagé le moindre bénéfice, et ne prévoit d’ailleurs aucunement la rentabilité avant au moins 2030, de l’aveu de son patron Sam Altman. Jusqu’ici, ses investissements majeurs sont financés par d’incessantes levées de fonds — soit de l’argent d’investisseurs qui croient au projet et espèrent, tôt ou tard, multiplier leur mise. Au total, OpenAI a bénéficié de quelque 168 milliards de dollars uniquement en levées de fonds. En 2024, son bilan financier affichait une perte nette de 5 milliards de dollars.
La promesse, encore nébuleuse, d’une super app sur le modèle chinois, n’est pour le moment agitée que pour émoustiller les investisseurs et effectuer dans les prochains mois de nouvelles levées de fonds. Il s’agirait d’un produit de rupture, d’une nouveauté sur le marché occidental, qui peut attirer de nouveaux investisseurs avant l’introduction d’OpenAI en bourse, au second semestre 2026.