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Les rayons et les ombres : quelle histoire vraie derrière le film avec Jean Dujardin ?

18 mars 2026
Par Louise Lepense
“Les rayons et les ombres”, le 18 mars 2026 au cinéma.
“Les rayons et les ombres”, le 18 mars 2026 au cinéma. ©France 3 Cinéma/Gaumont/Curiosa Films/Waiting for Cinema

À la croisée de la fresque historique et du récit intime, le nouveau film de Xavier Giannoli s’intéresse à la dérive d’un homme de presse dans la France occupée, à partir de faits documentés.

Porté par Jean Dujardin, Les rayons et les ombres marque le retour de Xavier Giannoli à une nouvelle fresque ambitieuse après Illusions perdues (2021). D’une durée de 3h15, le film s’inscrit déjà parmi les productions marquantes du cinéma français de 2026.

La bande-annonce du film Les rayons et les ombres.

Sorti en salles le 18 mars, le long-métrage s’attaque à la collaboration intellectuelle sous l’Occupation. À travers une reconstitution minutieuse, le cinéaste explore le rôle de la presse et la responsabilité morale de ceux qui participent à la fabrication de l’opinion.

De quoi parle le film ?

Le récit suit Jean Luchaire, un journaliste influent de l’entre-deux-guerres, et sa fille Corinne, jeune actrice. Tous deux évoluent dans un milieu mondain où se croisent intellectuels, artistes et figures politiques. Le film retrace leur trajectoire avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. À mesure que la guerre s’installe, les convictions pacifistes de Luchaire basculent vers une forme de collaboration. Il devient une figure centrale de la presse sous l’Occupation.

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Qui étaient vraiment Jean et Corinne Luchaire ?

Le film s’inspire de personnages historiques. Jean Luchaire fut un vrai journaliste engagé dans le rapprochement franco-allemand avant la guerre. Sous l’Occupation, il fonde Les Nouveaux Temps, journal aligné sur les positions du régime nazi et du gouvernement de Vichy. Protégé par ses relations, notamment avec l’ambassadeur allemand Otto Abetz, il bénéficie de nombreux privilèges. Après la Libération, il est arrêté, jugé pour collaboration puis fusillé en 1946.

Corinne Luchaire, star du cinéma à la fin des années 1930, connaît une chute après la guerre. Condamnée à dix ans d’indignité nationale, elle voit sa carrière brisée. Atteinte de tuberculose, elle meurt en 1950.

Le film repose donc sur un socle historique. Les grandes étapes de la vie de Jean et de sa fille sont respectées, tout comme le contexte de la collaboration médiatique. Xavier Giannoli s’est appuyé sur des travaux d’historiens et sur l’autobiographie de Corinne Luchaire pour construire son récit. « J’ai fait un énorme travail d’enquête avec des historiens, des journalistes et des intellectuels pour essayer de comprendre ce qui s’est passé. Le film devait être nourri de la réalité historique, de témoignages », a-t-il déclaré à Diverto.

Qu’est-ce que le film romance ?

Si les faits sont fidèles, le film adopte une approche narrative. Il privilégie le point de vue de Corinne, donnant au récit une dimension intime et subjective. La relation père-fille est amplifiée pour incarner les tensions morales et les conséquences des choix politiques. Certaines scènes et dialogues relèvent de la reconstitution.

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