Le géant de l’IA et des cartes graphiques a présenté la nouvelle évolution de sa technologie de mise à l’échelle des jeux – et ça tourne au fiasco.
Alors que le marché de l’informatique est sous très haute tension à cause d’une pénurie de composants directement imputable à la construction de data centers à destination de l’intelligence artificielle, Nvidia présente DLSS 5, une nouvelle évolution majeure de sa technologie de super sampling qui utilise de façon extensive l’IA afin d’améliorer le rendu visuel des jeux compatibles au prix, comme nous allons le voir, de toute considération pour la direction artistique de ces titres.
Des jeux plus beaux, vraiment ?
Là où les versions actuelles du DLSS permettaient essentiellement d’améliorer la fluidité des jeux et de compenser l’augmentation de la résolution, par exemple pour jouer en 4K, DLSS 5 va beaucoup plus loin en matière de traitement d’images.
Cette nouvelle version utilise l’IA générative afin de lisser les traits, accentuer les contrastes, augmenter la netteté… Autant de retouches qui, comme on peut le voir sur la vidéo de présentation ci-dessous, donnent aux personnages des jeux vidéo compatibles, comme Resident Evil Requiem ou encore Hogwarts Legacy, un aspect très… « AI slop », du nom de ces images générées par intelligence artificielle et immédiatement reconnaissables par leur « perfection » dérangeante.
Pourtant, Nvidia ne semble pas voir le problème et vante une qualité visuelle proche des effets spéciaux d’Hollywood. Du côté des joueurs et des joueuses, la pilule est difficile à avaler. En effet, le rendu proposé par DLSS 5 ressemble à s’y méprendre à certains mods que l’on peut trouver sur les sites spécialisés et qui permettent soit d’améliorer le rendu graphique de jeux anciens, soit de modifier en profondeur la direction artistique d’un jeu pour la coller à nos préférences.
Or, si chacun est libre de modifier ses jeux préférés comme il l’entend, DLSS 5 est une technologie qui se retrouvera intégrée nativement sur certains jeux et qui pourrait donc modifier de façon assez marquée leur esthétique et ainsi renier le travail des artistes qui ont travaillé dessus.
Nvidia tente d’éteindre l’incendie
« La RAM n’est pas morte pour ça », s’émeut un commentateur sur la vidéo YouTube publiée par Nvidia dans la journée du lundi 16 mars. Globalement, les retours sur cette technologie, bien qu’objectivement impressionnante sur le traitement des lumières et des ombres, sont extrêmement négatifs.
Ici, Nvidia dessine un futur où un jeu vidéo qui tournerait sur une carte graphique Nvidia pourrait ne pas du tout ressembler au même jeu tournant, par exemple, sur PlayStation 5. Effectivement, Nvidia a tenté d’éteindre l’incendie en expliquant que la façon dont serait implémenté DLSS 5 dans les jeux est entièrement à la discrétion des studios de développement qui peuvent ainsi choisir d’accentuer ou de réduire l’intensité de cet effet.

D’après la feuille de route publiée par Nvidia, le lancement de DLSS 5 est prévu sur une poignée de jeux compatibles à l’automne 2026. Le géant de l’IA ne précise pas encore quelles cartes graphiques seront compatibles avec cette nouvelle technologie, mais on imagine qu’elle sera réservée, comme la Frame Generation 6x à la toute dernière génération RTX 5000.