En revenant sur le quotidien et la mission de la structure d’accueil, le long-métrage avec Karin Viard traite des violences faites aux femmes et de leurs conséquences. En salle le 4 mars, quelques jours seulement avant la Journée International des droits des femmes.
1 L’histoire vraie autour de La maison des femmes
En 2016, la Dr. Ghada Hatem fonde la toute première Maison des femmes, à Saint-Denis. Le lieu, destiné aux femmes victimes de violences, est pensé comme une structure pluridisciplinaire, qui offre un parcours complet aux patientes, entre l’écoute, l’accompagnement et les soins. Le film La maison des femmes revient sur la mission essentielle de la structure et son combat quotidien pour exister et continuer à fonctionner, entre les enjeux financiers, politiques et sociaux.
Le long-métrage, réalisé par Mélisa Godet, offre ainsi un regard intime et complet sur La maison des femmes, en s’intéressant à la fois aux victimes qui s’y présentent mais aussi au quotidien de l’équipe. Dans le film, le personnage de Karin Viard est librement inspiré de la Dr. Ghada Hatem, La maison des femmes utilisant la fiction pour développer tout un propos universel.
2 Le film choral
En s’intéressant à la fois au personnel soignant et aux nombreuses femmes qui se présentent dans la structure, La maison des femmes suit plusieurs personnages, au sein d’un film choral riche et dense. Si la jeune médecin incarnée par Oulaya Amamra fait le lien avec le spectateur (en découvrant également l’endroit et son fonctionnement), le long-métrage montre des parcours de femmes différents tout au long de son récit.
Parfois présentes pour quelques moments seulement, parfois pour une seule scène, elles participent à montrer à quel point les violences faites aux femmes ne se limitent pas à un seul milieu social, mais touchent bien toute la population dans son ensemble. Par ailleurs, le film reste toujours focalisé sur les victimes, sans jamais offrir de place ou de temps d’écran aux agresseurs.
3 L’incarnation authentique
Que cela soit du côté du casting ou vis-à-vis du regard porté par Mélisa Godet, La maison des femmes a une approche authentique, touchant presque au documentaire. En laissant les personnages s’exprimer et les scènes durer, tout semble vrai, réaliste et authentique, offrant au long-métrage une portée plus qu’essentielle. Rappelant par moment le film Je verrai toujours vos visages (2023) de Jeanne Henry, La maison des femmes ne dévie jamais de sa représentation fidèle de la réalité, que cela soit dans les échanges anodins de l’équipe de soins, ou via les scènes plus difficiles autour des violences subies par les femmes présentes.
Entre moments difficiles et instants plus joyeux, le long-métrage parvient à réunir un large spectre d’émotions, entre le drame, la comédie, la tranche de vie et l’affirmation sociale. Une façon de représenter la vie dans son ensemble, ainsi que l’importance d’un combat qui est loin d’être terminé, 10 ans après la création de la première structure, et à quelques jours du 8 mars, dédié à la Journée Internationale des droits des femmes.