D’abord phénomène de lecture en ligne, l’œuvre de Gwon Gyeoeul arrive enfin en France en format webtoon relié.
Publié en France le 12 février chez Kotoon, Seule la mort attend la vilaine arrive précédé de sa réputation numérique. L’ouvrage appartient à cette génération de récits nés sur Internet avant d’envahir les librairies : d’abord roman en ligne puis webtoon international, il paraît désormais en version papier. L’histoire est signée par l’autrice Gwon Gyeoeul et adaptée en bande dessinée numérique par SUOL – sur la plateforme KakaoPage.
De quoi ça parle ?
L’intrigue appartient à l’otome-isekai, un genre où l’héroïne est transportée dans l’univers d’un jeu de romance dont elle connaît déjà le scénario. Une étudiante se réveille ainsi dans ce monde en incarnant Pénélope Eckhart, fille adoptive d’un puissant duc. Dans l’histoire originale, elle joue la rivale aristocratique : froide et méprisante aux yeux des autres personnages, elle est condamnée par avance à être rejetée puis éliminée dans chaque version du récit.
Pour survivre, elle doit atteindre un niveau d’affinité maximal avec l’un des prétendants alors que tous la considèrent comme une antagoniste. Ses gestes sont interprétés négativement quoi qu’elle fasse. Or, Pénélope ne cherche pas l’amour : elle observe, calcule et limite ses émotions. La tension narrative ne repose donc pas sur la formation d’un couple, mais sur la capacité à déjouer un scénario écrit d’avance.
C’est quoi ce genre populaire ?
L’histoire n’est pas sans rappeler celle de Ma prochaine vie de méchante, qui joue aussi avec la réincarnation en antagoniste, mais dans une tonalité plus légère. Des adaptations animées récentes prolongent aussi ce courant : I’ll Become a Villainess Who Goes Down in History, qui reprend la figure de la rivale propulsée dans un jeu de romance et choisissant d’assumer ce rôle, tandis que 7th time loop imagine une héroïne cherchant à déjouer sa mort en épousant celui qui devait la tuer.
Un rapprochement est enfin possible avec le très célèbre Re:Zero : comme dans cette série, chaque interaction peut entraîner une issue fatale, même si, ici, le danger ne vient pas d’un pouvoir surnaturel mais des règles sociales imposées par la romance elle-même.