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Gisèle Pélicot et sa joie de vivre : que signifie le titre de son livre événement ?

13 février 2026
Par Sarah Dupont
“Et la joie de vivre”, par Gisèle Pélicot, le 17 février en librairie.
“Et la joie de vivre”, par Gisèle Pélicot, le 17 février en librairie. ©Flammarion

Un an après le procès, Gisèle Pélicot publie Et la joie de vivre. Derrière ce titre, un récit qui s’éloigne du fait judiciaire pour approcher une existence, ses fractures et ce qui, malgré elles, continue de tenir.

« Je suis une femme debout. » Sur le plateau de La Grande Librairie, Gisèle Pélicot apparaît d’abord par cette phrase. Pour la première fois, elle revient publiquement sur son histoire à l’occasion de la parution de son livre Et la joie de vivre, attendu le 17 février en librairie.

Publié chez Flammarion et traduit dans plus de 20 langues, le récit paraît un an après le procès d’Avignon, qui a condamné son ex-mari, Dominique Pélicot, ainsi que 50 autres hommes pour viol, tentative de viol et agression sexuelle. Depuis, son nom circule comme celui d’un symbole de la lutte contre les violences sexuelles et conjugales. Le livre, lui, cherche à retrouver la personne.

Un titre contre l’évidence

Et la joie de vivre intrigue d’emblée : comment associer la joie à une histoire marquée par l’indicible ? Comment retrouver le bonheur après l’effondrement ? C’est précisément là que se situe le projet du livre : le titre précède le drame et lui survit. La directrice générale de Flammarion, Sophie de Closets, y voit la clé du récit : cette « force de vie (…) devait apparaître en titre », raconte-t-elle à France info.

Gisèle Pélicot n’avait pourtant pas, à l’origine, l’intention d’écrire.« Pendant ces quatre mois de procès, j’ai très peu pris la parole, quatre minutes en tout. Je suis une femme pudique, je ne souhaitais pas me mettre en avant », raconte-t-elle sur le plateau d’Augustin Trapenard. Mais confrontée à l’ampleur médiatique du procès, dont elle refuse le huis clos, elle cherche à donner à son combat une portée plus large : « Je me suis dit qu’un tel ouvrage pouvait être utile (…) donner de l’espoir à d’autres personnes », explique-t-elle dans Télérama.

Elle revient aussi sur le sens de cette décision : « Cette honte elle vous colle à la peau (…) lutter contre cette honte, c’était œuvrer pour le collectif. » Le livre prolonge ainsi la parole dans un autre temps, non pas pour convaincre mais pour transmettre. « L’ampleur de ce procès m’a totalement dépassée (…) J’ai vu ces femmes arriver, ces milliers de lettres, ça m’a bouleversée », confie-t-elle.

Que reste-t-il d’une vie après le procès ?

Au fil du livre, Gisèle Pélicot s’éloigne du seul temps judiciaire pour raconter une existence. Elle revient sur son enfance, ses habitudes, ses attachements mais aussi sur les moments heureux de sa vie conjugale. « Ce livre n’est pas l’histoire d’une femme qui n’a connu que de la douleur », explique-t-elle dans Télérama.

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« On est fait de souvenirs, la vie ne se rejoue pas. J’avais besoin de penser que ces 50 ans n’avaient pas été qu’un mensonge pour continuer à vivre. Sinon, je [serai] morte depuis longtemps, complète-t-elle dans La Grande Librairie. J’ai voulu garder tous ces bons moments, avec nos trois enfants. Cela peut surprendre, la plupart des gens voudrait tout jeter à la poubelle. Pas moi. Et ce qui est arrivé après, je l’ai enfermé dans un tiroir dont j’ai fermé la clef, et je ne l’ouvrirais plus jamais. »

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