L’artiste dévoile ce 30 janvier un nouvel album porté par une série de titres inédits. L’artiste accompagnera cette sortie de deux concerts parisiens à l’Olympia, les 16 et 17 mars.
Figure de la pop électronique française depuis le début des années 2000, Sébastien Tellier signe son grand retour avec Kiss the Beast, son septième album studio. Depuis La ritournelle, tube devenu emblématique, jusqu’à Divine, présenté à l’Eurovision en 2008, le musicien s’est imposé comme un artiste à part, à la croisée de la French Touch, de la pop orchestrale et de la musique électronique.
Depuis son dernier album, Domesticated, en 2020, l’artiste a multiplié les projets annexes. Bandes originales de films, collaborations, défilés de mode, featurings ou encore performances événementielles ont rythmé ces six années d’absence discographique. Il s’est notamment illustré lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Paris 2024.
Un album plus instinctif
Sébastien Tellier revendique un disque moins conceptuel que ses précédents. « Pour la première fois, je n’ai pas voulu faire un album concept, mais plutôt de belles suites d’accords, de belles mélodies et de beaux textes qui ont un sens. Il y a un grand panel de styles », confie-t-il dans La Tribune du dimanche.
Pour autant, l’opus ne masque pas sa dimension introspective. Les Inrockuptibles évoque à ce titre un artiste « en pleine tempête intérieure malgré l’équilibre de sa vie conjugale et familiale », et citent ce vers comme clé de lecture : « Au fond des yeux la détresse / Je sais pas où je va » – tonalité générale d’un disque, selon le média, traversé par le doute et la vulnérabilité.
Quels morceaux et quelles influences ?
Composé de 12 titres, Kiss the Beast aligne notamment Naïf de cœur, Refresh, Parfum diamant, Animale, Loup, Mouton, Copycat ou encore Un dimanche en famille. L’album se distingue aussi par plusieurs collaborations internationales, dont Thrill of the Night avec Slayyyter et Nile Rodgers, et Amnesia, en duo avec Kid Cudi, l’un des moments les plus attendus.
S-quive commente ce dernier titre comme « une toile musicale où le rap aérien de Cudi dialogue avec les mélodies françaises caractéristiques de Tellier », dans une ambiance « où planent des questions universelles sur les relations humaines ».
Sur le fond, l’opus explore les thèmes de la dualité, de la domination et de la masculinité, notamment dans Mouton et Loup, voire Naïf de cœur. Dans Moustique, Tellier explique : « J’essaie de définir le nouvel homme idéal. » « Cet album est né de la dualité qui m’habite. Je passe sans cesse du loup au mouton, du bourreau à la victime », commente-t-il également dans Grazia.
Qu’en pense la critique ?
Sur le plan critique, les premiers retours saluent un disque ambitieux, parfois maximaliste. Les Inrockuptibles parle d’un opus qui « trouve un parfait équilibre entre morceaux dansants et ballades autobiographiques ». Le Soir évoque même « le meilleur album de Sébastien Tellier depuis Sexuality« , louant « synthés baroques, mélodies tragiques, orchestrations d’une élégance folle ».
D’autres critiques soulignent néanmoins un ensemble foisonnant, parfois déroutant, où l’éclectisme peut brouiller la cohérence. Un album à l’image de son auteur, donc, qui continue d’explorer ses paradoxes sans jamais chercher à lisser sa singularité.