Quatre ans après son oscar pour The Whale, Brendan Fraser est de retour au cinéma avec Rental Family – Dans la vie des autres. Un bijou cinématographique tendre, profond mais aussi étonnamment drôle. Critique.
Et si les membres de votre famille étaient finalement des comédiens ? C’est ce que présente, d’une certaine manière, Mitsuyo Miyazaki dans Rental Family – Dans la vie des autres. Phillip (Brendan Fraser) est un acteur américain qui enchaîne les seconds rôles et les publicités pour dentifrice au Japon. Un jour, il est approché pour un contrat pour le moins insolite : jouer un proche de substitution pour de parfaits inconnus en travaillant pour une agence japonaise de « familles à louer ».
Époux, journaliste, témoin d’un enterrement… L’acteur est capable de tout interpréter. Jusqu’au jour où il tombe sur Mia (Shannon Mahina Gorman). Dans l’espoir que celle-ci intègre une grande école, sa mère a fait appel aux services de Phillip pour passer l’entretien d’admission dans le rôle du père. Pour convaincre, ce dernier va devoir tisser un lien authentique avec la petite fille persuadée d’avoir en face d’elle son père biologique. Toutefois, la frontière entre la fiction et la réalité va rapidement se brouiller et une véritable relation va naître de cette rencontre inédite.

Un film profond
Bien que la moralité de cette agence questionne, Rental Family suit avant tout le parcours d’un homme isolé, perdu dans l’immensité du Japon et parfois dépassé par ses traditions. Il en ressort un film sensible, doux et d’une profondeur saisissante. En s’appuyant sur la performance aussi subtile qu’impeccable de Brendan Fraser (oscarisé en 2022 pour The Whale de Darren Aronofsky), le long-métrage déploie plusieurs thématiques, comme le poids de la solitude, celui de la vérité, la famille ou le souvenir. Autant de sujets qui donnent du sens à une création résolument humaine.
À travers le regard de Phillip (et quel regard !) Mitsuyo Miyazaki dissèque les relations humaines dans ce qu’elles ont de plus réconfortant, mais aussi de plus terrible. Par touches et grâce à une mise en scène délicate – sublimée par les décors japonais –, la réalisatrice donne à voir un bijou cinématographique ; une véritable bulle d’humanité qui repose à la fois sur l’émotion et sur l’humour.

Brendan Fraser, le grand
Car Rental Family ne manque pas de drôlerie. Appuyé par la musique et un point de départ plus qu’insolite, le long-métrage éblouit par sa légèreté, les sourires de ses personnages, mais aussi une ambiance parfois colorée. Loin du pathos que l’on redoutait, le film déploie une certaine magie et un optimisme sublimé par la performance renversante de Brendan Fraser.
Après The Whale – drame percutant sur la relation tourmentée d’un père avec sa fille (encore) –, l’acteur montre qu’il est avant tout un artiste sensible, doué d’une gamme de jeu aussi fine que bluffante. Si, chez Darren Aronofsky, l’émotivité excessive était de mise, Rental Family donne à voir un aspect plus majestueux du comédien. Loin des Looney Tunes passent à l’action (2003) ou de la saga La momie (1999), Brendan Fraser fait partie de ces comédiens d’une humilité incroyable, capables de se réinventer.
Cette réinvention est en partie possible grâce à l’aspect méta du long-métrage. Là où The Whale dévoilait une autre part de l’acting de Brendan Fraser, Rental Family lui permet de jouer sur cette notion « d’acteur au rabais », une étiquette qu’il a lui-même longtemps arborée à Hollywood. En prêtant ses traits à cet acteur à la dérive, il prend le contre-pied de sa propre trajectoire passée dans un film cultivant la notion de vérité, mais aussi de divertissement.
Grâce à l’interprétation de son acteur principal, mais aussi à une multiplicité de thèmes profonds et sincères, Rental Family – Dans la vie des autres est une véritable surprise. Entre émotion et humour, sa réalisatrice, Mitsuyo Miyazaki, parvient à saisir la solitude d’un homme, la complexité des existences, ainsi que l’authenticité des relations humaines. En présentant ces divers portraits à travers les yeux de Phillip, la cinéaste offre un film bourré d’humanité, à découvrir le 4 février dans les salles obscures françaises.