La messagerie grand public la plus sécurisée du marché domine les téléchargements d’applis dans les pays nordiques.
Lancée en 2014, la messagerie instantanée chiffrée Signal a le vent dans le dos. Dans un billet de blog, la Signal Foundation fait le point. L’application est actuellement la plus téléchargée dans la catégorie « applications de communication » sur les smartphones Android en Finlande, et deuxième sur l’App Store des iPhone dans le même pays. Les internautes sont par ailleurs de plus en plus curieux des services offerts par l’organisation à but non lucratif américaine : la fréquentation de ses pages Wikipedia explose. Comment expliquer ce phénomène ?
C’est quoi Signal, et quelle différence avec WhatsApp ?
Pour l’œil non averti, Signal se présente à peu de choses près comme WhatsApp. Il s’agit d’une application de messagerie instantanée permettant de converser avec les autres membres, ou de créer des groupes de conversation. Le principal atout de Signal, c’est sa garantie de chiffrement des données de bout en bout. Concrètement, cela signifie que personne, à part vous et votre interlocuteur, ne peut lire les messages échangés.
Mais WhatsApp aussi chiffre les échanges, non ? Bonne remarque. WhatsApp propose effectivement la même politique de chiffrement des messages que Signal. Mais, se pose alors la question essentielle de la confiance : Meta, qui possède WhatsApp, mais également Instagram, Facebook et d’autres, collecte de nombreuses métadonnées à votre propos. Qui vous êtes, avec qui vous parlez, à quelle heure, depuis quel type de connexion… Autant de données qui, additionnées à celles collectées sur les autres réseaux du groupe, permettent de façonner votre profil publicitaire et d’affiner les pubs que vous voyez sur le Web.
Signal, elle, ne collecte strictement rien (à part un numéro de téléphone à la création du compte). La Signal Foundation est, on l’a dit, une organisation à but non lucratif. Elle vit essentiellement du mécénat, se refuse à introduire de la publicité et l’argent des capital-risqueurs qui feraient peser un risque sur les missions de son application. Bref : Signal vous donne les clés pour rester anonyme en ligne, et ça plaît, dans un monde en ligne de plus en plus surveillé.
Pourquoi Signal connaît-elle un regain d’intérêt en ce début d’année ?
On l’a dit : ce qui distingue Signal des autres messageries, c’est qu’elle ne collecte aucune donnée et, surtout, ne stocke rien. « À la différence de WhatsApp et Telegram, Signal ne collecte aucune donnée et ne peut absolument rien voir de ce que vous partagez. Comme ces données n’existent tout simplement pas, elles ne peuvent pas être transmises à des tiers, tels que des gouvernements ou les forces de l’ordre, rappelle l’article de blog. L’intégralité de vos messages, appels, informations de profil, groupes et contacts reste totalement privée. »
En d’autres termes : les régulateurs et les autorités ne peuvent rien attendre de Signal en termes de collaboration, car la fondation n’a simplement rien à leur fournir, même sous la contrainte. Une garantie de sécurité forte, qui rassure en ce début d’année où les pressions législatives sur la régulation du Web et la fin de l’anonymat en ligne se font de plus en plus fortes. Alors que les lois restreignant l’accès aux plus jeunes à Internet obligeront bientôt tout un chacun à prouver sa majorité (et son identité), Signal se pose comme un bastion de simplicité et de sécurité pour les utilisatrices et utilisateurs soucieux de garder certaines choses confidentielles.
Sur son blog, Signal a notamment publié un guide (en anglais) permettant de passer facilement de WhatsApp à Signal. Le principal frein étant finalement de parvenir à motiver vos proches à changer des habitudes qui, souvent, sont ancrées depuis de très, très longues années.