Plusieurs mois après sa sortie en Chine, le Huawei Mate X7 arrive dans l’Hexagone – mais reste limité par l’absence des produits et services Google.
Alors que Samsung se prépare à la commercialisation internationale de son smartphone pliant à trois volets, le Galaxy Z TriFold, Huawei lance son dernier fleuron en France. Le Mate X7 se distingue notamment par une prestation photo de haute tenue, mais aussi par une finesse remarquable. Toutefois, son avenir sur le marché pourrait bien être compromis par une proposition d’exclusion totale de la marque des réseaux de télécommunications européens.
Le Mate X7 : un smartphone pliant grand luxe !
Comme souvent, le géant chinois mise sur le luxe pour séduire une clientèle technophile fortunée. Comme son plus grand concurrent, le Samsung Galaxy Z Fold 7, le Mate X7 est vendu 2 099 € et propose un écran de façade de 6,49”, ainsi qu’une dalle de 8” qui se déploie à mesure que le smartphone s’ouvre. Certifié IP59, le smartphone pliant assure un certain degré d’étanchéité et sa conception en aluminium de grade aérospatial rassure sur les risques en cas de chute.
Là où le Huawei Mate X7 impressionne, c’est surtout avec sa configuration photo. On retrouve au dos trois capteurs : un grand-angle de 50 mégapixels, dont l’objectif hyperlumineux peut aussi fermer à ƒ/4,0, un ultra grand-angle de 40 mégapixels ƒ/2,2 et un téléobjectif x3,5 de 50 mégapixels ƒ/2,2. Un attirail musclé, qui devrait porter haut l’héritage de Huawei en matière d’imagerie.
Alimenté par une batterie de 5 600 mAh, le Huawei Mate X7 se recharge jusqu’à 66 W en filaire, et 50 W sans fil. Pour son processeur, Huawei mise sur le Kirin 9030 Pro : un SoC gravé en 6 nm, assez loin d’atteindre les performances des haut de gamme d’aujourd’hui et surtout… incompatible 5G.
En effet, comme tous les smartphones de la marque depuis 2019, Huawei a l’interdiction d’utiliser non seulement les services et applications Google, mais également les antennes 5G hors de la Chine à cause de suspicions d’espionnage pour le compte du parti de la République populaire de Chine. Et, c’est d’ailleurs ce qui risque de précipiter la chute de Huawei sur le Vieux Continent.
L’Europe s’en prend de nouveau à Huawei
Le quotidien Le Monde nous apprenait en début de semaine que Bruxelles s’apprête à durcir le ton à l’égard de Huawei. Une révision de la loi sur la cybercriminalité pourrait même ouvrir la voie à une exclusion pure et simple de la marque (ainsi que de ZTE) sur le territoire européen.
Ce nouveau texte cible Huawei (sans toutefois la nommer) dans le cadre d’une nouvelle définition donnée aux équipements dits « à haut risque » pour les données des citoyens et citoyennes en Europe. Jusqu’à présent, les sanctions européennes ne prenaient la forme que de recommandations, suivies par 13 pays, dont la France, qui n’utilise plus d’infrastructures Huawei pour déployer son réseau mobile. Mais un rehaussement des barrières à son encontre pourrait bien décourager le géant chinois, qui pourrait dès lors plier bagage et mettre un terme à son aventure européenne.
En Europe, Huawei emploie environ 10 000 personnes, et vient d’achever la construction d’une usine d’antennes 3G, 4G et 5G à Brumath (Bas-Rhin), qui a nécessité un investissement de 300 millions d’euros et devait employer, à terme, 500 personnes. Interrogé par Le Monde, un porte-parole de Huawei laisse imaginer une longue bataille de lobbying pour freiner l’adoption de cette loi qui, selon lui, « viole […] les principes juridiques de l’UE en visant à limiter ou [à] exclure les fournisseurs non européens sur la base de leur pays d’origine plutôt que sur des preuves factuelles [d’espionnage] ».