La nouvelle minisérie diffusée sur Arte s’appuie sur une enquête criminelle pour éclairer les dérives de l’industrie minière et leurs répercussions humaines, politiques et environnementales.
Arte poursuit son exploration des fictions engagées avec Ravages, une minisérie québécoise en six épisodes diffusée à partir du 22 janvier. À la croisée du polar, du drame et du thriller politico-économique, la série s’attaque aux dérives de l’industrie extractive et à leurs conséquences humaines et environnementales.
À la création et à la réalisation : Sophie Deraspe, figure du cinéma et de la télévision québécoise déjà saluée pour Antigone ou Bête noire. Elle coécrit la série avec Marie-Dominique Michaud et Frédéric Ouellet.
De quoi parle Ravages ?
L’intrigue se situe à Montréal, autour de Sarah Deléan, une avocate d’affaires spécialisée dans les dossiers internationaux. Chargée de défendre les intérêts de Minexore, une puissante multinationale minière canadienne, elle voit son quotidien basculer lorsqu’une militante écologiste guatémaltèque est retrouvée morte dans l’immeuble de sa mère.

Très vite, l’enquête qu’elle mène fait émerger des liens entre ce meurtre, les activités de l’entreprise et des scandales environnementaux en Amérique latine. Coincée entre loyauté professionnelle, héritage familial et éveil politique, Sarah est contrainte de remettre en question le système qu’elle sert.
Que disent les premiers retours critiques ?
La réception critique est globalement favorable. Pour Télérama, Ravages est « un bon thriller environnemental » porté par « un personnage habilement écrit, ni oie blanche ni pasionaria », dont la nuance doit beaucoup à Caroline Dhavernas. Dans Le Monde, la série est décrite comme une mécanique de thriller classique mise « au service d’une dénonciation virulente et circonstanciée de l’exploitation des ressources de la planète au mépris des droits des populations ».

Sur France Inter, le chroniqueur Xavier Leherpeur évoque un polar réaliste, « prenant fait et cause pour les victimes », rappelant que « tout est (presque) vrai » tant les auteurs se sont appuyés sur des enquêtes concernant les pratiques de certains grands groupes miniers en Amérique centrale.
Un propos politique assumé, mais nuancé ?
Dans Le Devoir, Sophie Deraspe insiste sur la volonté de ne pas livrer un discours moralisateur, mais de montrer la complexité d’un écosystème où « tout n’est pas noir ou blanc ». Un équilibre revendiqué par Frédéric Ouellet, pour qui Ravages cherche avant tout à interroger « comment et, surtout, à qui profite cet écosystème [des minières] ».