Canal+ livre un thriller psychologique britannique où un drame familial devient un affrontement moral. Une mini-série qui divise la critique, entre tension maîtrisée et excès narratifs.
Impossible, pour le public français, de ne pas penser à La vie est un long fleuve tranquille. Le point de départ de Playing Nice, diffusée ce 8 janvier sur Canal+, convoque ce même cauchemar collectif : l’échange de bébés à la naissance. Ici, le registre change radicalement. Le rire laisse place à un thriller psychologique en quatre épisodes, centré sur deux couples de Cornouailles qui découvrent que leurs garçons ont été intervertis à la maternité.
Qu’en pense la presse ?
Adaptée du roman éponyme de J. P. Delaney, la série met en scène Pete et Maddie Riley, parents aimants, mais précaires, confrontés à Miles et Lucy Lambert, couple aisé et envahissant. D’abord tentées par une solution pacifiée, les deux familles s’enlisent rapidement dans un engrenage émotionnel et judiciaire. Services sociaux, rapports de classe et soupçons nourrissent un suspense construit autour d’une question : qu’est-ce qui fonde la parentalité ?

Pour La Croix, l’œuvre est un « thriller psychologique glaçant [qui] joue avec nos peurs les plus profondes ». Le quotidien souligne « son efficacité narrative » et la manière dont la rivalité parentale se transforme en « engrenage cauchemardesque ». Télé-Loisirs évoque de son côté « un drame familial captivant », estimant que sa « réussite […] tient pour beaucoup dans la tension qu’elle distille sans relâche ».
L’interprétation constitue l’un des points forts les plus cités. Un « sans faute d’un talentueux quatuor d’acteurs », cite La Croix. « James Norton nous émeut en époux et père sensible et dévoué ; l’actrice irlandaise Niamh Algar est bouleversante […]. James McArdle se révèle terrifiant de toxicité et de cruauté au côté de Jessica Brown Findlay », note Télé-Loisirs. Les paysages de Cornouailles sont également mis en avant.
Que reproche-t-on à Playing Nice ?
Plus nuancé, Télérama estime que « le scénario […] est cousu de fil blanc, fonçant tête baissée dans la direction qu’on voit venir dès le début ». Le magazine pointe aussi « les performances caricaturales de James Norton en papa poule et de James McArdle en père Fouettard ». TV Magazine reconnaît une série « captivante malgré les invraisemblances », assumant certaines outrances au profit de l’efficacité dramatique.

The Guardian se montre particulièrement virulent, qualifiant la série de « thriller […] hallucinant de médiocrité » et dénonçant « le pire de la télévision moderne ». Le quotidien reproche à Playing Nice de s’appuyer sur « une intrigue outrageusement absurde » et de ne pas exploiter le dilemme moral pourtant « complexe et fascinant » posé par l’échange d’enfants.