Entretien

Les livres d’Aude Picault (Idéal standard, Amalia)

01 août 2022
Par Sophie Benard
Les livres d’Aude Picault (Idéal standard, Amalia)
©Mathieu de Pasquale

Chaque mois, un·e auteur·rice partage avec L’Éclaireur la dizaine de livres qui l’ont particulièrement touché·e, pour différentes raisons, à différentes époques de sa vie. Ce mois-ci, c’est la dessinatrice Aude Picault se prête au jeu.

Dessinatrice et scénariste de bande dessinée, Aude Picault s’est fait particulièrement remarquer avec l’album Idéal standard (Dargaud, 2017). Depuis, elle a participé au film Premières vacances (2019), dans lequel elle est l’autrice des dessins de l’héroïne, et fait paraître L’Air de rien (Dargaud, 2017), Déesse (Les Requins Marteaux, 2019) et plus récemment Amalia (Dargaud, 2022).

Le premier livre qui vous a marqué ?

Je lisais beaucoup, enfant et adolescente, tout ce qui me tombait sous la main. Et soudain, Giono. Son écriture m’a marquée, probablement parce qu’elle est très incarnée, sensuelle.

Celui qui parle le mieux d’amour ?

L’amour-romance ne m’intéresse pas beaucoup, je cherche à comprendre ce qui nous relie au monde d’une façon plus générale. Alors, je pioche au hasard, et en ce moment je découvre Krishnamurti, qui décortique bien nos attentes désespérées d’amour…

Celui qui vous fait rougir ?

Je pense à des écrits du style Histoires d’Ô, de Pauline Réage, que je n’ai carrément pas lu, étant sûre que ça me mettrait hyper mal à l’aise.

Celui qui vous dérange ?

Toute mise en scène de l’ego mettant le lecteur dans une position de voyeur ou de complice involontaire me dérange. Mais c’est subtil et je m’énerve facilement. La dernière fois c’était en lisant Yoga d’Emmanuel Carrere.

Celui qui vous obsède ?

Toute réflexion constructive écologique, comme Une autre fin du monde est possible, de Chapelle, Servigne et Stevens ou L’Âge des low tech de Bihouix.

Celui qui vous fait rire ?

De l’inconvénient d’être né, de Cioran.

Celui qui vous fait pleurer ?

Le même…

Celui qui vous console ?

Lorsque j’étais plus jeune, Kundera était régulièrement un remède. Aujourd’hui, je picore la poésie d’Emily Dickinson. 

Celui que vous n’avez pas compris ?

Je ne trouve pas. Vexée, j’ai dû l’abandonner en cours de lecture et l’oublier.

Celui que vous voulez lire depuis des années, sans jamais y parvenir ?

Le Journal d’un écrivain, de Virginia Woolf, commencé il y a bien longtemps mais remplacé par un livre, puis un autre… Ce gros volume attend donc patiemment son tour sur une étagère…

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Article rédigé par
Sophie Benard
Sophie Benard
Journaliste