Critique

Thor 4 : Love & Thunder, la foudre a frappé à côté

11 juillet 2022
Par Lisa Muratore
Chris Hemsworth dans “Thor 4 : Love & Thunder”.
Chris Hemsworth dans “Thor 4 : Love & Thunder”. ©Marvel/Disney

Le dieu du Tonnerre sera de retour ce mercredi 13 juillet au cinéma. Pour son quatrième long-métrage, Thor se paye un nouvel antagoniste dans une quête finalement peu convaincante. Critique.

Quatre ans après sa dernière apparition dans le MCU, Thor (Chris Hemsworth) est de retour au cinéma, le mercredi 13 juillet prochain. Dans cette création survitaminée signée Taika Waititi, le dieu du Tonnerre a retrouvé ses muscles et apparaît aux côtés des Gardiens de la galaxie plus en forme que jamais. Du moins, en apparence, car la dépression post-Infinity War (2018) n’est pas terminée, et le super-héros veut désormais trouver un sens à sa vie.

Il va donc se lancer dans une quête spirituelle. Après 2 000 ans d’existence, il est ainsi temps pour le fils d’Odin de faire le point et de trouver ce qui l’anime vraiment. Cependant, cette retraite anticipée n’est que de courte durée, puisque Gorr le Destructeur s’est juré d’anéantir tous les dieux.

Un quatuor en demi-teinte

S’il incarnait chez DC le Chevalier Noir, du côté de la Maison des Idées, Christian Bale a été choisi pour prêter ses traits à l’un des méchants les plus terrifiants du MCU. Le travail sur son apparence, mais surtout la mise en scène imaginée autour du personnage lui offre une unicité dans le paysage cinématographique Marvel. On quitte l’univers flashy de Thor, inauguré dans Ragnarok (2017), pour basculer dans un noir et blanc profond. Un choix intéressant qui vient appuyer l’aspect horrifique du long-métrage, mais surtout les origines de cet antagoniste.

À la différence des nombreux films MCU, le scénario de Love & Thunder est parvenu à expliquer les véritables intentions de son antagoniste. Ajoutez à cela les talents transformistes de Christian Bale, et l’on obtient un ennemi capable de rivaliser avec le charisme de Chris Hemsworth.

On ne peut pas en dire autant de Tessa Thompson, relayée au second plan dans le film, ni même de Natalie Portman. De retour dans le MCU après une absence remarquée, l’actrice joue ici Mighty Thor, c’est-à-dire une Jane Foster dopée aux pouvoirs de Mjolnir. Si cette proposition de cinéma devrait ravir les fans des comics, force est de constater que l’on a du mal à se laisser convaincre par le jeu de la comédienne. Love & Thunder casse ici l’image de la robuste scientifique pour en faire une héroïne gauche, mais finalement peu attachante.

Christian Bale dans la peau de Gorr le Destructeur.©Marvel/Disney

Un dieu humanisé

Sa caractérisation n’est pas aussi travaillée que celle de Thor. Ce dernier officie telle une vraie rockstar dans ce quatrième film solo : cheveux longs, veste sans manche en cuir, un coup de hache divin, le tout au rythme des Guns N’Roses. Le réalisateur met réellement en avant son personnage principal. Si cela déborde parfois, ce choix humanise davantage le super-dieu. Le vétéran du MCU doit faire face à sa mortalité, à ses traumatismes et trouver un sens à sa vie.

Ceci représente d’ailleurs le point crucial du scénario, si ce n’est le plus intéressant. Car mis à part ce point, force est de constater que Love & Thunder s’organise autour d’une histoire trop manichéenne, n’apportant rien à l’univers partagé du MCU. Les studios Marvel semblent une nouvelle fois être tombés dans le piège d’un schéma simpliste, et le spectateur avec ! Un reproche que l’on a d’ailleurs souvent fait aux précédents films sur le super-héros.

Natalie Portman rempile dans le rôle de Mighty Thor dans Love & Thunder.©Marvel/Disney

Un post-Ragnarok décevant

Pourtant, on sent l’envie de Taika Waititi de dépasser les limites, que ce soit en termes d’action, de divertissement, mais aussi d’humour. Des chèvres hurlantes au Zeus ridicule de Russell Crowe, en passant par l’attachant Korg, le réalisateur de What We Do in the Shadows (2014) s’autorise tout, et fait de son absurdité identitaire l’ADN de Thor. Néanmoins, à la différence de Ragnarok, le film s’articule comme une succession de blagues, lourdes sous couvert d’être déjantées. On est loin de la suite fracassante promise par le précédent opus !

En voulant mélanger comédie, drame, et romance – à l’image des comics –, le film ne parvient jamais à trouver son rythme et ressemble davantage à un patchwork d’intentions ratées. Il en ressort une superficialité déconcertante, peut-être moins décevante que Doctor Strange et Le Multivers de la folie (2022), mais finalement moins émouvante que le dernier opus de Spider-Man (2021). Malgré un casting alléchant, et les retrouvailles avec l’univers de Taika Waititi, le retour de Thor au cinéma est loin d’être foudroyant !

Thor : Love & Thunder, de Taika Waititi, avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Christian Bale et Tessa Thompson, 1h59, en salle le 13 juillet 2022.

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Article rédigé par
Lisa Muratore
Lisa Muratore
Journaliste