Samsung pousse le concept du smartphone pliant encore plus loin avec le Galaxy Z TriFold, un appareil à triple pli qui déploie un écran de 10 pouces. Nous avons pu le prendre en main suffisamment longtemps pour vous proposer nos premières impressions à son sujet.
En résumé
Le Samsung Galaxy Z TriFold est un objet proprement fascinant sur le plan technique. Cela faisait un moment qu’un smartphone n’avait pas mis un tel sourire béat sur notre visage. Plier deux fois un écran AMOLED de 10 pouces pour le glisser dans une poche, on est quasiment dans la science-fiction. Il s’agit à nos yeux de l’évolution ultime de ce format, dans la mesure où il fait la jonction entre un smartphone et une tablette, deux produits que la grande majorité des utilisateurs maîtrisent depuis longtemps. Samsung semble donc réussir à transformer dès le premier essai. D’autant que la qualité de fabrication est au rendez-vous. D’un point de vue ergonomique, le seul point qui pourra vraiment rebuter certains est l’épaisseur et le poids en mode téléphone. Un compromis qui ne nous a toutefois pas paru insurmontable au regard du bénéfice apporté. Mais ce sera avant tout une question de goût, et de poches. En parlant de poches, elles devront être profondes pour pouvoir s’offrir ce smartphone, ou plutôt son successeur, lorsqu’il sortira en France.
En 2019, Samsung levait le voile sur son premier smartphone pliant, le Galaxy Fold. C’était déjà il y a presque sept ans. Une éternité dans le monde des nouvelles technologies. Très vite, le Galaxy Flip au format clapet a suivi. Avec à chaque fois un pli au milieu de l’écran. Depuis, les évolutions ont été incrémentales : des modèles toujours plus fins, mieux équipés, mais fondamentalement construits autour du même principe.
Il a donc fallu attendre décembre 2025 pour que Samsung annonce le Galaxy Z TriFold, avant de le présenter au grand public international lors du CES 2026 en janvier. Le nouveau venu ne se contente pas d’ajouter un panneau supplémentaire au format qu’on connaît déjà. Il change la nature même de l’objet. Plié, c’est un téléphone. Déplié, c’est une tablette 10 pouces qui tient dans la poche d’un jean. Le concept rappelle immédiatement le Huawei Mate XT, seul autre tri-pliable du marché. Mais Samsung a fait des choix de conception différents, que nous allons détailler.
Nous avons eu l’occasion de manipuler ce Galaxy Z TriFold lors d’une session de prise en main organisée par le constructeur. Voici nos premières impressions.
Le design et l’ergonomie
Première surprise en le prenant en main : on s’attendait à un parpaing. Ce n’est pas le cas. Le Galaxy Z TriFold affiche certes 309 grammes sur la balance, soit tout de même près de 90 g de plus que le Z Fold 7. La sensation en main dément pourtant ce chiffre. Attention, loin de nous l’idée de vous faire croire qu’on a l’impression de tenir un smartphone classique. Mais l’appareil se révèle bien plus manipulable fermé que ce que laissent imaginer ses caractéristiques.

Plié, il mesure 75×159,2×12,9 mm. C’est compact. Plus épais qu’un Z Fold 7 (8,9 mm plié), certes, mais à peine plus qu’un Z Fold 6 qui affichait 12,1 mm. Et que dire du premier Fold et ses 15,5 mm ? Quand on songe que le TriFold renferme un écran de 10 pouces, le compromis d’encombrement force le respect. En le glissant dans une poche de pantalon, on sent sa présence. Il ne dépasse pas pour autant et ne gêne pas tant que ça, à condition de ne pas porter un jean slim.

Déplié, c’est là que le Z TriFold fait son petit effet. L’épaisseur tombe à 3,9 mm au niveau du panneau côté tiroir SIM, 4,2 mm au centre et 4,0 mm côté boutons. Une finesse presque déconcertante. On a littéralement l’impression de tenir une feuille rigide entre les mains. Samsung a opté pour un châssis en aluminium renforcé (Advanced Armor Aluminum), un dos en polymère renforcé de fibre céramique-verre avec un motif style fibre de carbone du plus bel effet, et une protection Gorilla Glass Victus Ceramic 2 pour l’écran de couverture.

Le pliage suit un schéma en G, comme une brochure. On rabat d’abord le panneau gauche vers l’intérieur, puis le droit par-dessus. L’écran flexible se retrouve ainsi entièrement protégé entre les deux volets. C’est un choix plus sûr que le design en accordéon du Mate XT de Huawei, où une portion de l’écran reste exposée à l’air libre.

Si vous tentez de plier dans le mauvais ordre, le téléphone vibre et affiche un avertissement à l’écran. Et même en insistant, les charnières refusent physiquement le mauvais mouvement. C’est particulièrement rassurant.

Plus globalement, on sent bien que les charnières en titane sont le fruit de plusieurs années d’itération chez Samsung. Le tout est certifié IP48, ce qui protège l’appareil contre les grosses particules de poussière et l’eau. Un seul coloris au lancement : Crafted Black. Un noir profond, élégant, mais qui se révèle être un véritable aimant à traces de doigts.
Contrairement au Z Fold 7, qui peut rester entrouvert à mi-angle pour servir de mini-ordinateur portable posé sur une table, le TriFold ne propose pas de Flex Mode. Les charnières ne maintiennent que deux positions, soit complètement fermé soit complètement ouvert. Ici donc, pas de position à 90 degrés ou de mode « tente ». Pour ceux qui utilisent beaucoup le Flex Mode au quotidien pour, par exemple, regarder une vidéo YouTube posé sur un bureau ou prendre un selfie en posant le téléphone sur un rocher, cette absence se fera sentir. Le TriFold ne tient tout simplement pas debout seul sans sa coque de protection.

La comparaison avec le Huawei Mate XT s’impose évidemment. Grâce à son design en accordéon (pli en Z), le Mate XT peut s’utiliser en trois configurations avec un tiers de l’écran (6,4 pouces), deux tiers (7,9 pouces) ou la totalité (10,2 pouces). Le TriFold, lui, n’offre que deux états. Samsung compense cette limitation par une meilleure protection de l’écran flexible, entièrement à l’abri une fois le téléphone fermé. En somme, c’est le match de la sécurité contre la polyvalence.
Les écrans
Plié, le Galaxy Z TriFold présente un écran de couverture de 6,5 pouces, en définition 2520×1080 pixels, avec un taux de rafraîchissement adaptatif de 1 à 120 Hz. C’est exactement la même dalle que celle du Z Fold 7. Le ratio est celui d’un smartphone classique : SMS, réseaux sociaux, appel rapide, tout se fait de manière parfaitement naturelle. Les bordures sont en revanche un peu plus épaisses que sur le Z Fold 7. Un compromis lié à cette première génération de tri-pliable.

C’est une fois déplié que le TriFold révèle son atout maître. L’écran principal de 10 pouces, au format 4:3 et à la définition de 2160×1584 pixels, offre une surface d’affichage qui dépasse celle d’un iPad mini. Il s’agit d’une dalle Dynamic AMOLED 2X, lumineuse et colorée, avec un taux de rafraîchissement adaptatif identique de 1 à 120 Hz. En paysage, on se retrouve véritablement face à une tablette. Le mot « phablet », longtemps galvaudé, retrouve ici tout son sens.

Deux plis, donc deux marques sur la dalle. Samsung a considérablement réduit la visibilité du pli unique du Z Fold 7, mais le défi est ici doublé. Les deux marques restent perceptibles dès qu’on regarde l’écran légèrement de biais. De face, en revanche, elles se font très discrètes. On finit par les oublier en utilisation courante. La qualité d’image, elle, ne souffre d’aucune critique : couleurs vibrantes, noirs profonds, luminosité généreuse.
La photo et la vidéo
Côté photo, le Z TriFold reprend le même arsenal que le Z Fold 7. Le capteur principal de 200 Mpx (ƒ/1,7) est accompagné d’un ultra grand-angle de 12 Mpx (ƒ/2,2) et d’un téléobjectif de 10 Mpx avec zoom optique x3 (ƒ/2,4). Deux capteurs selfie de 10 Mpx complètent le dispositif : un sur l’écran de couverture, l’autre sur l’écran intérieur. Le capteur 200 Mpx produit des clichés de belle facture, même dans les conditions artificielles de notre session. On regrette néanmoins un zoom optique limité à x3, qui paraît un brin léger pour un appareil de ce standing.
Petit détail appréciable : Galaxy AI tire parti du grand écran pour afficher côte à côte l’image originale et l’image retouchée par l’IA, en synchronisation parfaite. Nous avons pu tester cette fonctionnalité lors de la démo avec la suppression de personnes sur une photo. L’écran de 10 pouces rend cette opération nettement plus lisible et confortable que sur un pliable classique.
Les performances
Sous le capot, Samsung a logé ce qui se fait de mieux dans l’écosystème Android. Le SoC Qualcomm Snapdragon 8 Elite for Galaxy, dans sa déclinaison personnalisée pour Samsung, assure la puissance de calcul. Il est épaulé par 16 Go de RAM, une dotation généreuse qui profite notamment aux opérations d’IA embarquée grâce à Galaxy AI et Google Gemini. Le stockage démarre à 512 Go. Une option 1 To existe sur certains marchés, mais elle n’est pas disponible partout au lancement.

Lors de notre session, chaque opération s’est montrée fluide et réactive. Mais soyons honnêtes : une prise en main de quelques dizaines de minutes ne permet pas de juger des performances réelles dans la durée. Nous n’avons par exemple pas pu essayer de jeux en 3D gourmands pour jauger les capacités de la bête. Au regard de son processeur surpuissant, il ne fait guère de doute que cela ne posera aucun problème. Mais il faudra tout de même attendre un éventuel test complet pour évaluer la gestion thermique et l’endurance sous charge prolongée.

L’interface utilisateur
Le Galaxy Z TriFold tourne sous Android 16 avec la surcouche One UI 8 de Samsung. Notez que dans le cadre de cette prise en main, nous n’avons pas eu le temps de tester en détail les fonctionnalités d’intelligence artificielle. Toutefois, l’expérience logicielle est, dans les grandes lignes, identique à celle des autres pliables de la marque. Galaxy AI et Google Gemini sont identiques à ce que l’on retrouve sur le Z Fold 7 ou la gamme Galaxy S25. Point important pour les utilisateurs de stylets : le TriFold ne prend pas en charge le S Pen. À cette épaisseur de dalle, il n’y a tout simplement pas la place pour une couche de numérisation.

L’intérêt d’un écran de 10 pouces serait limité sans une expérience logicielle à la hauteur. Samsung l’a bien compris. Sur le grand écran déplié, il est possible de lancer jusqu’à trois applications en plein écran côte à côte, chacune occupant un panneau.
Le redimensionnement des fenêtres se montre fluide et intuitif. En utilisation portrait, la sensation rappelle celle d’une tablette, à la différence près que cette tablette-là tient dans votre poche.


Samsung DeX, la surcouche qui transforme l’interface Android en un environnement de type PC, prend ici tout son sens. En glissant le doigt vers le bas depuis le haut de l’écran, on bascule en mode DeX : barre des tâches, fenêtres redimensionnables, bureau d’allure familière. L’idée est séduisante. Avec un clavier et une souris Bluetooth, le TriFold devient un poste de travail mobile. Samsung le présente d’ailleurs comme un véritable trois-en-un : téléphone plié, tablette dépliée, mini-ordinateur avec DeX et un clavier externe.

Le tableau n’est toutefois pas parfait. En mode DeX, la compatibilité des applications pose question. Toutes les apps ne sont pas encore optimisées pour cet écran au format inhabituel. Certaines, comme X (ex-Twitter), se retrouvent forcées en mode DeX sur le grand écran, obligeant l’utilisateur à les exécuter en mode réduit pour retrouver un affichage normal. Rien de rédhibitoire, mais le signe que les développeurs tiers auront besoin de temps pour s’adapter.

L’autonomie
La batterie du Galaxy Z TriFold est répartie en trois modules, un par segment de l’appareil, pour un total de 5 600 mAh. C’est la plus grosse batterie jamais intégrée dans un smartphone Samsung. Mais il y a un « mais ». Alimenter un écran de 10 pouces en AMOLED à 120 Hz, avec un Snapdragon 8 Elite et 16 Go de RAM en arrière-plan, c’est gourmand. Très gourmand.
Nous n’avons pas pu évaluer l’autonomie réelle lors de cette prise en main. Samsung fournit un chargeur 45 W dans la boîte, un geste devenu rare, qui promet 50 % de charge en 30 minutes. Le constructeur inclut également une coque de protection, un contenu de boîte généreux qui tranche avec la tendance actuelle du secteur. L’autonomie restera néanmoins le point d’interrogation majeur de ce produit jusqu’à un test en conditions réelles.
Prix et disponibilité
Le Galaxy Z TriFold est pour l’instant commercialisé en Corée du Sud, aux États-Unis, en Chine, à Taïwan, aux Émirats arabes unis et à Singapour. Un éventuel lancement européen n’est pas à l’ordre du jour et nous parions plutôt sur le fait que nous aurons droit sous nos latitudes au TriFold 2. Le tarif officiel en Corée s’établit à 3 590 400 wons, soit environ 2 430 dollars par conversion directe. Aux États-Unis, le prix a été fixé à 2 899 dollars. Cela suggère un prix plutôt aux alentours de 2 800/3 000 euros en Europe, charges et taxes comprises.
Samsung positionne ce produit comme un objet de niche, destiné aux professionnels nomades et aux passionnés de technologie prêts à payer le prix fort pour une tablette dans la poche. Le Z Fold 7, déjà vendu autour de 2 000 dollars, reste la référence pour qui veut un pliable sans basculer dans l’ultra-premium.