Prise en main

Prise en main des Huawei FreeClip 2 : enfin la maturité acoustique pour le format ouvert

21 janvier 2026
Par Sofian Nouira
Prise en main des Huawei FreeClip 2 : enfin la maturité acoustique pour le format ouvert
©Huawei

Huawei revient à la charge sur le marché des écouteurs « open-ear » avec une seconde itération de ses FreeClip. Plus légers, dotés d’une architecture audio repensée et d’un Bluetooth 6.0, ces bijoux d’ingénierie promettent de corriger le défaut historique du format : les basses. Alors, promesse tenue ?

En résumé

Le Huawei FreeClip 2 représente une belle surprise. Huawei livre ici un produit mature, extrêmement confortable et endurant. On n’en attendait pas tant de ce format « clip ». Il se pose désormais en alternative crédible aux intra-auriculaires en gommant les défauts de jeunesse de la première version, notamment pour le manque de basses et certaines raideurs ergonomiques. Attention, cela ne signifie pas pour autant que le rendu sonore est complètement au niveau des intras. Les FreeClip 2 ne s’adressent pas aux audiophiles en quête d’isolation absolue ou de haute-fidélité, mais à ceux qui veulent vivre en musique sans se déconnecter de leur environnement. C’est l’outil idéal pour le bureau, le sport en extérieur ou la vie domestique.

Note technique

Les plus et les moins

  • Le confort exceptionnel
  • Des basses surprenantes
  • La possibilité de régler le volume
  • La très bonne autonomie
  • Toujours pas d'appli Android via Google Play (il faut passer par l'APK)
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Le marché des écouteurs audio a longtemps été ronronnant, avec la réduction de bruit active comme Saint Graal. Néanmoins, depuis quelques mois, une contre-tendance prend de l’épaisseur, à savoir celle de l’écoute ouverte. L’idée est simple puisqu’il s’agit de profiter de sa musique sans se couper du monde extérieur. Une proposition forcément séduisante pour les sportifs urbains ou les travailleurs en open space. C’est sur ce créneau que Huawei avait surpris son monde fin 2023 avec les premiers FreeClip. Deux ans et trois millions d’unités vendues plus tard, le géant chinois dégaine les FreeClip 2.

Sur le papier, la fiche technique a de l’allure. Le constructeur annonce une architecture acoustique à double diaphragme de 10,8 mm, une puce audio de troisième génération dopée au NPU, et même l’intégration du Bluetooth 6.0. Le tout dans un format encore allégé affichant à peine plus de cinq grammes sur la balance pour chaque écouteur. Nous avons passé plusieurs semaines avec ces boucles d’oreilles high-tech pour voir si elles justifient l’investissement demandé.

Le design

Ne tournons pas autour du pot. Les FreeClip 2 réussissent le tour de force de complètement se faire oublier une fois portées. Leur architecture générale reste fidèle au concept du « C-bridge » (pont en C) qui relie la sphère acoustique (dans l’oreille) au « Comfort Bean » (le haricot derrière l’oreille). Mais Huawei a revu sa copie en matière de matériaux et de tension.

L’arceau utilise désormais un alliage à mémoire de forme nickel-titane recouvert d’un silicone liquide annoncé comme « respectueux de la peau ». Concrètement, le serrage est présent, mais la pression est répartie de manière si uniforme qu’elle ne crée aucun point de chauffe, même après plusieurs heures d’écoute continue. On est loin de la sensation de pincement que l’on peut parfois ressentir avec des bagues d’oreille concurrentes. Cette flexibilité améliorée devrait permettre aux écouteurs de s’adapter à des morphologies d’oreilles plus variées. De notre côté, nous n’avons en tout cas rencontré strictement aucun problème.

Test Huawei FreeClip 2
©Huawei

La cure d’amaigrissement est perceptible. Avec 5,1 g par écouteur contre 5,6 g pour la génération précédente, le gain peut sembler dérisoire sur le papier. À l’usage, il contribue à cette sensation de ne rien porter. Lors de nos sessions de course à pied, le maintien s’est révélé parfait. Les écouteurs ne bougent pas d’un millimètre, même lors de mouvements brusques de la tête.

Le boîtier de charge a lui aussi subi un régime drastique. D’après la marque, il est « 17 % plus étroit et 14 % plus léger » que son prédécesseur. Au-delà des chiffres, son format galet compact se glisse désormais sans aucune difficulté dans la petite poche d’un jean. Et une petite mention spéciale pour la finition texturée de la version blanche que nous avons eu entre les mains et qui offre une préhension rassurante et évite l’aspect « savonnette » des plastiques lisses habituels.

Le tout est certifié IP57, ce qui signifie que les écouteurs résistent non seulement à la transpiration et à la pluie, mais peuvent théoriquement survivre à une immersion accidentelle d’un mètre. Et uniquement accidentelle. Il est tout de même déconseillé de chercher à nager avec.

L’ergonomie

L’ergonomie des commandes a elle aussi été revue. On peut toujours tapoter (double ou triple tape) sur n’importe quelle zone de l’écouteur (la boule, le pont ou le haricot) pour gérer la lecture. C’est pratique, car on ne cherche pas une zone tactile minuscule à tâtons.

La grande nouveauté réside dans le contrôle du volume. Il est désormais possible de glisser le doigt (swipe) sur la surface du « Comfort Bean » (le haricot derrière l’oreille) pour ajuster le niveau sonore. Le geste est naturel, car le haricot est calé contre le crâne et ne bouge pas sous la pression du doigt. C’est une belle amélioration par rapport à la génération précédente qui obligeait souvent à sortir le téléphone.

Test Huawei FreeClip 2
©Huawei

L’autre bonne surprise est à aller chercher du côté de l’ajout de contrôles par mouvements de tête. Un hochement suffit pour prendre un appel, une secousse latérale pour le rejeter. Si l’idée peut prêter à sourire et vous faire passer pour un excentrique dans la rue, elle s’avère redoutablement efficace lorsque vous avez les mains prises (cuisine, courses, bricolage). Cette fonctionnalité nous est même devenue indispensable en deux-roues.

Le rendu sonore

La restitution audio est le talon d’Achille historique des écouteurs ouverts. L’absence d’isolation passive (pas d’embout dans le conduit auditif) entraîne physiquement une déperdition des basses fréquences. Pour casser ce paradigme, Huawei a doté ses FreeClip 2 d’un nouveau transducteur à double diaphragme de 10,8 mm, avec un double circuit magnétique.

Toutes ces nouveautés permettent-elles d’améliorer le rendu sonore ? La réponse est un grand « oui ». C’est même assez bluffant au regard du format. Dès les premières mesures d’un morceau chargé en fréquences basses, on constate que la promesse d’une puissance améliorée n’est pas qu’un argument marketing. On ressent une véritable assise, que l’on n’attendait pas vraiment sur ce format. Bien sûr, ne vous attendez pas à la profondeur infra-basses d’un intra-auriculaire scellé comme les FreeBuds Pro 4 chez le même constructeur. Les limites physiques sont toujours là, même si Huawei les a repoussées. Toutefois, pour un usage quotidien, le son est riche, dynamique et ne sonne jamais creux.

La clarté des médiums et des aigus est également au rendez-vous. Les voix se détachent bien, ce qui rend l’écoute de podcasts particulièrement agréable, même dans un environnement urbain modérément bruyant. C’est là qu’intervient le système de volume adaptatif intelligent. Grâce au processeur NPU embarqué, les écouteurs analysent le bruit ambiant pour ajuster le gain en temps réel. Le système fonctionne de manière transparente. Lorsque vous passez d’une rue calme à un boulevard fréquenté, le volume grimpe subtilement pour compenser le brouhaha, sans que vous ayez à toucher votre smartphone. Cela fonctionne correctement dans l’ensemble, même si nous avons tout de même constaté quelques ratés. Et si cela ne vous convient pas, vous pouvez très bien désactiver l’option depuis l’application.

L’autre inquiétude légitime concerne la confidentialité. Il n’est pas forcément plaisant de savoir que vos voisins de métro profitent de votre playlist. Huawei utilise ici un système d’ondes sonores inverses via des évents situés à l’arrière de la boule acoustique pour annuler les fuites. En pratique, à volume moyen (environ 50 %), une personne assise à côté de vous dans un bureau silencieux n’entendra qu’un murmure imperceptible. En revanche, si vous augmentez le volume, le son sera de plus en plus perceptible. Cela reste toutefois une réussite technique indéniable, qui rend le produit d’autant plus viable en open space.

L’application et la connectivité

Les FreeClip 2 inaugurent le support du Bluetooth 6.0. Mais même si vous ne possédez pas un smartphone, une tablette ou un ordinateur compatible, la stabilité de la connexion reste exemplaire dans tous les cas. Nous n’avons subi aucune micro-coupure, même dans des zones saturées en interférences. Le multipoint est géré efficacement, permettant par exemple de basculer le flux audio entre un ordinateur et un smartphone sans friction.

Cependant, l’expérience utilisateur souffre d’une fragmentation regrettable liée au contexte géopolitique de la marque. Pour paramétrer les écouteurs (égaliseur, gestes, mises à jour), il faut passer par la nouvelle application Huawei Audio Connect (qui remplace AI Life pour l’audio). Si vous êtes sur iOS ou possédez un smartphone Samsung (via le Galaxy Store), aucun problème. En revanche, l’application est absente du Google Play Store. Les utilisateurs de Pixel ou d’autres marques Android devront télécharger l’APK via un QR code ou un store alternatif. Ce n’est ni grave, ni compliqué, mais il s’agit indubitablement d’une friction aussi inutile qu’étrange en 2026. D’autant qu’on ne comprend pas trop la logique, Apple étant toujours américain aux dernières nouvelles.

Une fois l’application installée, les possibilités de personnalisation sont riches. On apprécie tout particulièrement la détection automatique gauche/droite. Les deux écouteurs sont strictement identiques. Il suffit de les placer sur vos oreilles pour que le gyroscope intégré réattribue automatiquement les canaux stéréo en un instant.

Les appels

Pour la captation vocale, Huawei déploie l’artillerie lourde, avec trois microphones couplés à un capteur VPU (Voice Pickup Unit) à conduction osseuse. Ce dernier capte les vibrations de la voix directement via les os du crâne, ce qui permet de l’isoler du bruit ambiant bien plus efficacement qu’un micro aérien seul.

Lors de nos tests, nos interlocuteurs n’ont pas manqué de saluer la clarté de la voix, même lorsque nous marchions dans une rue animée. L’algorithme de réduction de bruit DNN (Deep Neural Network) parvient à gommer les bruits de fond (circulation, travaux) sans rendre la voix trop robotique. Pour un format ouvert, la performance est impressionnante et permet même d’envisager des appels professionnels sans crainte.

Test Huawei FreeClip 2
©Huawei

L’autonomie

L’autonomie est un autre point fort de ce produit, qui n’en manque décidément pas. Nos tests corroborent en effet les 9 heures d’écoute par charge annoncées par Huawei. Avec le volume adaptatif activé. Avec le boîtier, cette autonomie peut grimper jusqu’à 38 heures au total.

Côté recharge, ce boîtier accepte l’USB-C, mais aussi la charge sans fil (jusqu’à 3 W). De plus il peut même être rechargé via un chargeur de montre connectée Huawei. La charge rapide est efficace puisque 10 minutes dans l’étui suffisent pour récupérer environ 3 heures d’écoute.

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Article rédigé par
Sofian Nouira
Sofian Nouira
Journaliste
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