Regard d’acier, voix contenue, autorité naturelle : Robert Duvall n’avait pas besoin d’en faire trop pour captiver. L’acteur est mort ce 16 février 2026 à l’âge de 95 ans. Discret mais immense, il laisse derrière lui une galerie de personnages inoubliables, du « Parrain » à « Apocalypse Now ».
Le cinéma américain vient de perdre l’une de ses « forces tranquilles ». Robert Duvall s’est éteint paisiblement ce 16 février 2026 à l’âge de 95 ans, dans sa propriété de Virginie. Celui qui a traversé sept décennies de l’histoire d’Hollywood laisse derrière lui une trace indélébile, marquée par une économie de mots et une intensité de regard qui n’appartenaient qu’à lui.
Né en 1931, ce fils d’amiral n’était pas du genre à chercher la lumière des projecteurs pour le simple plaisir de briller. Il était un acteur de texture, un artisan capable d’apporter une crédibilité immédiate à n’importe quel récit, qu’il soit niché dans la pègre new-yorkaise ou dans la chaleur moite du Vietnam. Duvall a incarné l’Amérique dans toute sa complexité, du silence le plus profond à l’autorité la plus terrifiante.
Voici les 5 rôles qui ont fait de lui une légende absolue du septième art.
1- Tom Hagen dans Le Parrain I et II (1972-1974)

C’est la définition même de la retenue. Au milieu des éclats de voix de James Caan et de l’aura de Marlon Brando, Robert Duvall impose le personnage de Tom Hagen dans la saga magistrale de Francis Ford Coppola. En tant que consigliere (avocat et conseiller) du clan Corleone, il est le cerveau froid, celui qui gère les crises avec une diplomatie glaciale. Duvall a réussi l’exploit de rendre passionnantes des scènes de pure stratégie, faisant de Hagen le pilier indispensable de la famille Corleone.
2. Le Lieutenant-Colonel Kilgore dans Apocalypse Now (1979)

Il suffit parfois de dix minutes pour marquer l’histoire de la pop culture. En incarnant Kilgore dans Apocalypse Now, ce colonel fan de surf qui commande des attaques au napalm avec une décontraction terrifiante, Duvall offre l’une des prestations les plus iconiques du cinéma de guerre. Une performance habitée, presque surréaliste, qui lui a valu une nomination aux Oscars et une réplique entrée au Panthéon : « J’adore l’odeur du napalm au petit matin ».
3- Boo Radley dans Du silence et des ombres (1962)

Pour son premier film marquant, Du silence et des ombres de Robert Mulligan aux côtés de Gregory Peck, Duvall a fait le choix du silence. Sous les traits de Boo Radley, le voisin reclus qui terrifie les enfants du quartier, il n’apparaît que quelques minutes à la toute fin du film. Mais son visage pâle et son regard inquiet ont suffi à lancer sa carrière. C’est le film idéal pour découvrir la genèse de son jeu d’acteur, tout en nuances.
4. Mac Sledge dans Tendre Bonheur (1983)

C’est le rôle de la consécration ultime, celui qui lui a valu l’Oscar du meilleur acteur. Dans ce film épuré, il campe un ancien chanteur de country alcoolique qui tente de se reconstruire dans une station-service perdue au Texas. Duvall, lui-même passionné de musique, y livre une performance d’une sincérité désarmante, loin des artifices d’Hollywood, prouvant qu’il pouvait porter un film sur ses seules épaules.
5. L’inspecteur Prendergast dans Chute Libre (1993)

Dans le thriller urbain Chute libre, alors que Michael Douglas sombre dans une colère destructrice, Robert Duvall incarne la boussole morale. Son rôle de policier à la veille de la retraite, calme mais déterminé à arrêter le chaos, est une masterclass de jeu. Il y joue l’homme ordinaire confronté à l’extraordinaire avec une justesse incroyable.