Un test illustre les grosses différences d’autonomie entre les versions internationales et européennes des derniers fleurons de Samsung.
Vous l’ignorez peut-être, mais les Samsung Galaxy S26 et Galaxy S26 Plus lancés en début de mois par le leader du marché, ne sont pas identiques à ceux commercialisés aux États-Unis, par exemple. Ce qui les différencie ? Leur puce – autant dire leur cerveau. Alors que le Galaxy S26 Ultra est quoi qu’il en soit doté d’une Snapdragon 8 Elite Gen 5, ses petits frères héritent d’une puce Exynos 2600 en Europe. Et, d’après les tests réalisés par la chaîne YouTube Android Addicts, il y a de grosses différences, notamment en matière d’autonomie.
Jusqu’à 2h30 d’écart sur une charge complète
Partout dans le monde, ou presque, les Samsung Galaxy S26 et S26 Plus sont, eux aussi, dotés de la dernière puce haut de gamme de Qualcomm. Sauf en France, donc, où l’on récupère une Exynos 2600 sortie des usines de Samsung. Si la comparaison se tient en matière de performances et de puissance de calcul, le constat n’est pas du tout aussi rassurant au chapitre de l’autonomie. À en juger par le test d’Android Addicts, les S26 équipés d’une puce Exynos s’essoufflent beaucoup, beaucoup plus rapidement.
Dans une simulation d’usage réel (appels, enregistrement vidéo, navigation, scrolling intensif et streaming vidéo), le Samsung Galaxy S26 avec puce Qualcomm a tenu exactement 9h26. Sur le même protocole de test, la version Exynos 2600 s’est éteinte au terme de 6h48, soit 2h38 d’autonomie en moins.
Comment expliquer cet écart ? Il apparaît dans différents tests similaires que la puce Exynos 2600 de Samsung est moins efficace pour dissiper la chaleur produite par ses composants. On le sait, la batterie est un composant extrêmement sensible aux variations de la température. Un smartphone qui sait rester tempéré est souvent endurant. A contrario, s’il chauffe à la moindre tâche effectuée, cela peut la vider à vitesse grand V !
Pourquoi Samsung commercialise-t-il différents modèles ?
Cette stratégie de « double sourcing » n’est pas neuve. Cela fait des années que Samsung scinde son parc de smartphones haut de gamme en deux et prive la France des modèles objectivement plus efficients. Les raisons sont multiples, mais concernent essentiellement une optimisation des coûts et une question d’indépendance technologique.
Avec ses puces Exynos, Samsung veut suivre les pas d’Apple, qui produit ses propres processeurs et maîtrise donc la chaîne d’approvisionnement de A à Z. En se fournissant auprès de Qualcomm, Samsung y laisse forcément des plumes, d’autant que le prix des dernières puces du fabricant américain n’est pas donné. En divisant son parc en deux, Samsung règle donc plusieurs problèmes : il entretient son savoir-faire et peut s’adapter en cas de problème sur la chaîne d’approvisionnement de Qualcomm, et optimise de fait ses dépenses pour concevoir ses smartphones Galaxy S.
Mais alors, pourquoi Samsung ne laisse-t-il pas tout simplement tomber Qualcomm au profit de ses propres puces ? On peut choisir d’y voir un aveu que ses propres modèles ne sont pas encore parfaitement capables de rivaliser avec ceux de son concurrent-partenaire. Mais il faut aussi réaliser que l’expertise de Qualcomm en matière de gravure de microprocesseurs est encore incontestée, et que le public a nettement une préférence pour les puces Snapdragon. S’en départir totalement représenterait un risque important pour Samsung.