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Installation d’applis : ce qui va bientôt changer sur Android

20 mars 2026
Par Pierre Crochart
Installation d'applis : ce qui va bientôt changer sur Android
©Google

Android permet depuis toujours d’installer des applications en dehors du cadre du Play Store. Mais, à la rentrée prochaine, Google va (beaucoup) serrer la vis.

On en a déjà parlé dans un précédent article : Google ne va pas désactiver, littéralement, le sideloading — c’est-à-dire l’installation d’applications via des fichiers .APK. Il va simplement rendre le processus très laborieux. Dans un nouveau billet de blog, le géant du web détaille par le menu comment tout ça va se manifester, à partir du mois d’août prochain.

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Un système toujours ouvert, mais un processus plus laborieux

Google rassure : Android reste une plateforme ouverte, et veut cultiver cette différence par rapport à son principal concurrent iOS. En effet, installer des applications en-dehors de l’App Store d’Apple reste une gageure, même après les efforts d’ouverture du géant américain ces dernières années. Pourtant, la voie qu’emprunte Google avec ses nouvelles mesures tend justement à réduire le gouffre qui les sépare encore aujourd’hui.

À compter du mois d’août prochain, celles et ceux qui souhaitent installer une application depuis une source autre que le Play Store officiel devront se plier à un véritable parcours du combattant afin de prouver à Google qu’ils ou elles savent ce qu’elles font. Terminées, les vérifications de sécurité en quelques étapes.

Concrètement, si quelqu’un veut installer une appli non signée par un développeur authentifié, il faudra :

  • Activer le mode développeur du smartphone ;
  • Confirmer qu’on n’est pas guidé par un tiers, pour éviter les escroqueries ;
  • Redémarrer son smartphone (pour éviter les accès à distance ou le partage d’écran) ;
  • Patienter 24h afin de pouvoir valider l’installation de l’appli ;
  • S’authentifier une dernière fois via reconnaissance biométrique ou code de déverrouillage.

De loin, l’étape des 24h d’attente est la plus irritante de ce nouveau processus. Google précise néanmoins qu’une fois l’autorisation effectuée, le smartphone peut installer des applications non vérifiées pendant sept jours, ou plus (à la discrétion de l’utilisateur ou de l’utilisatrice). Autrement dit, on pourra techniquement ne faire cette pénible étape qu’une seule et unique fois. Par ailleurs, les développeurs (qui ont forcément besoin de tester leur appli encore non signée sur divers appareils) se verront proposer des comptes spéciaux leur permettant de distribuer leur application à un petit nombre d’utilisateurs en bypassant ces mesures.

Google Android sideloading
Les nouvelles étapes nécessaires à l’installation d’une application tierce sur smartphone Android.©Google

Pourquoi Google serre la vis sur les applis tierces ?

« On veut que la plateforme soit ouverte, mais elle doit aussi être sûre », explique au site spécialisé Android Authority Sameer Samat, le président de la branche Android chez Google. Forcément, avec l’ouverture d’Android vient une multitude de revers en matière de cybersécurité. Android équipe près de 70% des smartphones dans le monde, ce qui en fait une cible de choix pour les pirates informatiques, qui développent et partagent facilement des applications vérolées, destinées à installer malwares et autres virus sur l’appareil de leurs victimes.

De la même façon que lorsqu’on télécharge un fichier .exe à installer sur son ordinateur, la plus grande vigilance est de mise pour les applications Android en-dehors du Play Store. Et, ces nouvelles mesures inaugurées par Google visent donc à réduire l’exposition de ses utilisateurs et utilisatrices à des cybermenaces sérieuses. Toutefois, rappelons que le Play Store n’est pas exempt d’applications douteuses, dangereuses pour la sécurité des appareils, et qui figurent pourtant en toute liberté parmi des programmes tout à fait légitime.

Dans la communauté du libre, ces restrictions à venir ne passent pas du tout. Celles et ceux faisant le choix d’utiliser leur smartphone sans utiliser les services Google craignent en effet que ce ne soit là qu’une première étape visant à réduire drastiquement leurs leviers d’action pour continuer à utiliser leur smartphone comme ils l’entendent. C’est vieux comme le monde : l’argument sécuritaire est le plus simple à faire accepter pour réduire les libertés.

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Article rédigé par
Pierre Crochart
Pierre Crochart
Journaliste
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