Gemini peut détecter des images générées par Nano Banana et pourrait bientôt le faire avec la musique créée à l’aide de Lyria.
Quelques semaines après le lancement de Lyria 3, son nouveau moteur de génération de musique par IA, Google donne à Gemini les clés pour identifier facilement ses créations. Comme on peut déjà envoyer à l’intelligence artificielle une image dont elle saura déterminer si elle provient du moteur Nano Banana, il sera bientôt possible de faire de même avec des fichiers audio – même si la démarche est un peu moins pratique.
Un outil de détection intégré au smartphone
Les fichiers générés par les IA de Google sont tous porteurs d’une métadonnée particulière, un filigrane, baptisé SynthID. C’est ce qui permet, rétroactivement, à Gemini de dire si une image, une vidéo ou un morceau de musique a été fabriqué par l’intelligence artificielle. Or, il n’est pas toujours très pratique (ni même légal d’ailleurs) de télécharger un morceau de musique et de le faire passer à la moulinette Gemini pour être sûr·e de ce que l’on écoute.
C’est la raison pour laquelle Google expérimente avec une autre méthode. D’après le code déniché par Android Authority dans la dernière version de l’application Google pour smartphone, une nouvelle fonctionnalité permettant une détection bien plus instantanée et sans friction. Le site spécialisé n’a pas encore de certitudes, mais imagine que cette nouveauté pourrait être intégrée à la fonction Now Playing, qui permet d’identifier rapidement quelle musique est en train d’être diffusée à proximité (comme Shazam). Grâce à une base de données des titres porteurs de SynthID, l’outil serait capable de reconnaître le filigrane et d’avertir l’utilisateur ou l’utilisatrice que ce qu’il ou elle écoute est en réalité issu de l’intelligence artificielle.
A priori, tout cela s’effectuerait localement, sur le smartphone. Une fonction qui resterait donc accessible hors ligne, mais dont on se demande tout de même combien d’espace elle occupera sur le terminal des utilisateurs et des utilisatrices.
La musique faite par IA difficile à distinguer
Plus encore que les images et les vidéos générées par intelligence artificielle, la musique faite par IA est devenue extrêmement difficile à distinguer de celle créée par des artistes. Fruits du pillage massif et sans vergogne du catalogue de musiciens tout autour du monde, les moteurs de génération de musique sont aujourd’hui capables de « recracher » de la musique tout à fait écoutable, a fortiori si l’on n’y prête pas une oreille très attentive.
Pour les majors de la musique, c’est une nouvelle manne financière qui s’ouvre par le biais de partenariats juteux avec les entreprises spécialisées comme Suno ou Udio. Pour les artistes, c’est une catastrophe qui risque à la fois de mettre leur art en péril et de rogner leurs maigres revenus. Pour les consommateurs ? C’est le flou. Comment être sûr·e que ce que l’on écoute a bien été produit par un humain ?
Outre le système de Google, que l’on espère voir émerger rapidement, des plateformes de streaming se mettent en ordre de bataille pour plus de transparence. De toutes, c’est Deezer qui se montre la plus proactive, avec un label clairement étiqueté sur les albums et titres générés par IA, et une exclusion systématique des morceaux concernés de ses playlists, et donc de la monétisation.