Au terme d’un procès pluriannuel, l’éditeur du Play Store et d’Android accepte finalement d’abaisser certaines barrières, et notamment la commission prélevée aux développeurs.
C’est l’épilogue d’un feuilleton judiciaire qui prend sa source en 2018, alors que le jeu Fortnite, édité par Epic, se faisait mettre à la porte du Play Store d’Android après avoir osé proposer des microtransactions n’utilisant pas le système de paiement de Google. Aujourd’hui, le patron d’Epic, Tim Sweeney, peut crier victoire : Sameer Samat, président de l’écosystème Android chez Google, vient d’annoncer la levée de nombreuses barrières sur les smartphones utilisant son OS, une excellente nouvelle pour les développeurs d’applications et de jeux vidéo mobiles.
Une nouvelle ère pour les développeurs sur Android
Il y a, dans le billet de Sameer Samat, cet aplomb très américain essayant de faire passer une décision de justice contraignante pour une idée de son cru, naturelle et logique pour le bien de toutes et tous. Revendiquant l’ADN « ouvert et flexible » d’Android face à la concurrence, le ponte de Google annonce plusieurs changements majeurs qui seront d’abord appliqués aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe avant de l’être, progressivement, dans le reste du monde.
L’idée principale est d’offrir aux développeurs plus de choix dans la facturation de leurs applications. Aujourd’hui, ils sont forcés d’utiliser le moteur de facturation intégré à Google Play. Une commodité, certes, mais qui se paie au prix de commissions élevées et d’un manque de flexibilité pour les éditeurs d’applications. À compter du 30 juin prochain, ils seront libres de passer par d’autres prestataires de paiement, et même de rediriger les acheteurs vers leurs sites web pour valider leur achat. Les développeurs qui choisissent de conserver la facturation par Google Play se verront prélever une commission de 5 % sur le montant de l’achat.
Google lâche aussi du lest sur les achats au sein des applications. Aujourd’hui, la marque prélève 30 % du montant de la transaction. Ce ne sera plus que 20 % au 30 juin prochain, mais uniquement pour les nouvelles installations. Si un consommateur a déjà installé l’application avant le 30 juin, le taux de 30 % continuera de s’appliquer, précise Google.
Plus d’ouverture aux stores concurrents
Un autre volet majeur de l’annonce concerne l’installation de stores alternatifs sur Android. Si la pratique a toujours été autorisée, et que l’offre est florissante (on pense notamment à F-Droid, spécialisé dans la distribution d’applications open source), elle nécessite encore trop de bidouille, juge visiblement Google.
Sans trop en dire pour le moment, le géant du Web annonce le lancement d’un programme de vérification de magasins d’applications alternatifs, qui permettra d’assurer les internautes de la fiabilité du service, mais aussi de faciliter l’installation dudit store sur leur mobile. À en juger par la capture d’écran partagée par Google, cela ressemble fortement au processus d’installation d’un magasin alternatif sur iOS – chose possible depuis le printemps 2024 sur iPhone.

Ce programme sera d’abord lancé en exclusivité aux États-Unis. La firme explique qu’elle doit obtenir l’accord des tribunaux dans chaque pays où elle est implantée pour pouvoir le lancer à l’international.