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DTF St-Louis : la nouvelle comédie noire de HBO divise la critique

03 mars 2026
Par Agathe Renac
“DTF St-Louis”, le 2 mars 2026 sur HBO Max.
“DTF St-Louis”, le 2 mars 2026 sur HBO Max. ©HBO Max

Créée par Steve Conrad (La vie rêvée de Walter Mitty) et portée par Jason Bateman (Ozark), David Harbour (Stranger Things) et Linda Cardellini (Dead to Me), la série nous plonge au coeur d’un triangle amoureux.

Sexe, meurtre et trahison : telle est la promesse de DTF St-Louis, série en sept épisodes imaginée par Steven Conrad (The Weather Man, La vie rêvée de Walter Mitty, Wonder). À la croisée du polar et de la satire sociale, elle explore le quotidien et les relations complexes de ses trois héros. Clark Forrest (Jason Bateman), présentateur météo vedette d’une chaîne locale du Missouri, forme un duo complice à l’antenne avec Floyd Smernitch (David Harbour), interprète en langue des signes. Floyd est marié à Carol (Linda Cardellini), qui s’ennuie dans son couple et peine à gérer leurs dettes.

Cependant, cette routine à priori banale est chamboulée lorsque Clark initie son collègue à DTF St-Louis, une application locale destinée aux couples en quête d’aventures extraconjugales. Dès le premier épisode, l’un des trois protagonistes meurt. Accident ou meurtre ? Homer (Richard Jenkins) et Jodie (Joy Sunday), deux policiers aux méthodes radicalement différentes, vont mener l’enquête.

Pourquoi la série est-elle un incontournable ?

Frustrations sexuelles, amitié masculine ambiguë, crise identitaire, illusions numériques… DTF St-Louis explore des sujets très actuels. Si la production a reçu 80% d’avis favorables de la part de la presse américaine sur Rotten Tomatoes et une moyenne de 3,8/5 par les spécialistes français sur AlloCiné, elle divise (beaucoup) la critique. D’un côté, plusieurs médias saluent l’ambition et la singularité du projet.

Jason Bateman et David Harbour dans DTF St-Louis.©HBO Max

Pour Le Nouvel Obs, il s’agit d’un « thriller sophistiqué qui rappelle les livres de Patricia Highsmith ». L’hebdomadaire estime même que le show « porte [le polar] à son sommet avec une recette qu’on croirait concoctée par Patricia Highsmith ou Georges Simenon ». La performance des acteurs est également encensée : « On n’a jamais vu les trois acteurs principaux […] aussi excellents. Et jamais une série filmée aussi bien depuis Severance » (Le Nouvel Obs). Le magazine souligne en filigrane « le portrait brillant d’une Amérique pavillonnaire plombée par la monotonie et les problèmes financiers ».

Linda Cardellini dans DTF St-Louis.©HBO Max

De son côté, Première évoque « un nouveau drama prestige estampillé HBO, qui mêle enquête criminelle et autopsie de la classe moyenne américaine, avec un humour noir bien senti » qui excelle surtout « dans sa peinture sociologique d’une Amérique banale, celle des lotissements tranquilles et des vies normales qui fissurent ». Par ailleurs, AlloCiné note que « DTF St Louis a une aura particulière, flirtant entre les moments de malaise et les répliques cyniques qui rendent les personnages tantôt attachants, tantôt détestables ».

Que reproche-t-on à la série ?

Cependant, le ton hybride de la série divise. Télérama résume l’ambivalence : « Un triangle amoureux, un mort… Difficile de savoir s’il faut rire ou trembler face à cette histoire d’infidélité entre amis, aussi prenante qu’ennuyeuse. » Le magazine juge que la série « revendique un peu trop fort son côté décalé/bizarre – ce qui la rend intéressante et agaçante à la fois ». Sur le plan narratif, l’enquête « frôle régulièrement la parodie », malgré un dispositif de true crime classique.

Richard Jenkins et Joy Sunday dans DTF St-Louis.©HBO Max

Plus largement, Télérama pointe une difficulté à cerner le propos : « On ne sait pas trop ce qu’elle veut dire sur la paternité, la masculinité et la crise de la cinquantaine. On s’ennuie une scène, on est curieux la suivante, et on ne cesse de se demander si on tient là une œuvre atypique à conseiller ou une caricature de drame d’auteur façon HBO, horripilante à force de vouloir être décalée sortir du lot. » Même les critiques positives évoquent un rythme lent, susceptible d’en rebuter certains.

DTF St-Louis est-elle inspirée d’une histoire vraie ?

Selon Canal+, la série est en partie tirée d’un fait bien réel. Son créateur aurait ainsi trouvé l’inspiration dans un article publié en 2017 dans The New Yorker par James Lasdun, intitulé My Dentist’s Murder Trial: Adultery, False Identities, and a Lethal Sedation. Le texte relatait le procès d’un dentiste accusé d’avoir empoisonné un ami avec lequel sa femme entretenait une liaison.

Steven Conrad a librement adapté cette trame, transposant adultère et faux-semblants à l’ère des applications de rencontres. Entre satire sociale, drame conjugal et polar décalé, DTF St-Louis laisse donc la critique partagée, mais rarement indifférente – ce qui est, pour tous les sérievores, très bon signe.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste