Le créateur de contenu poursuit son virage musical avec un deuxième album plus personnel, conçu comme une affirmation artistique au-delà de son image de youtubeur.
Connu du grand public sous le nom de Seb la Frite, Sébastien Frit poursuit sa mue artistique avec Backpack, un nouvel album sorti ce 27 février. Avec ce deuxième opus, l’artiste de 29 ans cherche à s’affranchir un peu plus de son image de Youtubeur pour affirmer son inscription dans le paysage du rap français. Composé de douze titres mêlant rap, mélodies planantes et touches électro, le disque revendique« une couleur homogène » née d’un « pur kiff » entre amis, a-t-il expliqué à l’AFP.
Comment est né Backpack ?
Dans ce nouveau CD, « SEB vide son sac », indique le communiqué officiel. L’album est présenté comme « libre, instinctif et sans filtre, pensé comme un terrain créatif où Sébastien peut enfin être lui-même ». Né de sessions improvisées avec ses deux collaborateurs Saan et Racy, le projet navigue entre rap brut, autotune feutrée, baile et textures électroniques.
L’artiste explique avoir imaginé ce disque comme une réponse à ses débuts difficiles dans l’industrie musicale. Inspiré par ses voyages – Papouasie, Kirghizistan, Inde, Tanzanie – et par son journal intime, Backpack explore l’identité, la vulnérabilité et la pression du succès.
La musique occupe désormais une place centrale dans la trajectoire du créateur, révélé adolescent sur YouTube avant de se tourner vers des formats culturels et documentaires. Son premier album, Crash Test, sorti en 2021, avait déjà marqué une première tentative, après plusieurs singles expérimentaux.
Qu’est-ce qu’on en pense ?
À l’écoute, Backpack se situe pleinement dans l’intention annoncée par l’artiste : un album presque monochrome dans son atmosphère, où la cohérence d’ensemble prime sur les variations. Le disque déploie une ambiance aérienne, calme et suave, portée par une trap mélancolique. Les textes occupent une place centrale, traduisant une volonté manifeste de confessions et de partage personnel. Certains morceaux viennent quand même légèrement nuancer cette linéarité, comme Ce monde, à peine plus lumineux, ou encore Sobre & Saoul, plus rythmé, sombre et dynamique.
Cette direction artistique, assumée, constitue néanmoins une limite. La cohérence sonore finit par créer une certaine redondance, avec l’impression d’une même ambiance déclinée tout au long des douze titres – surtout pour les auditeurs moins attentifs aux textes ou aux subtilités d’écriture. S’il participe à l’identité sonore de l’album, l’usage systématique de l’autotune tend à lisser l’ensemble et rapproche SEB d’esthétiques déjà largement répandues.
C’est peut-être sur le terrain visuel que Backpack affirme le plus clairement sa singularité. Conçu avec le directeur artistique Karl N’da Adopo, le projet déploie une esthétique soignée et cohérente. Chaque morceau bénéficie ainsi de son propre clip, développé autour d’un univers visuel travaillé et renouvelé, tout en conservant une ligne esthétique commune incarnée par le personnage au sac à dos – fil conducteur du projet. L’ensemble traduit une volonté manifeste de construire un objet artistique pensé dans les moindres détails.