En salle le 18 février, Le rêve américain réunit Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard dans un biopic sportif social, original et émouvant. Critique.
Après L’amour ouf (2024) de Gilles Lellouche, les voilà réunis dans Le rêve américain. Cette fois, Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard tiennent les premiers rôles, ceux de Bouna et Jéremy. Passionnés depuis toujours par le basket, ils nourrissent depuis des années le rêve d’un jour devenir agents de NBA.
Inspiré d’une histoire vraie, Anthony Marciano (Les gamins, Play…) raconte la trajectoire inédite de ces outsiders français qui ont traversé l’Atlantique. De leurs débuts à l’arrière d’une laverie en banlieue jusqu’au premier rang de la NBA Draft, en passant par leur endettement massif ou leur relationnel avec les joueurs, le réalisateur filme le parcours de ces acharnés.

À la manière d’À la recherche du bonheur (2006) avec Will Smith, Anthony Marciano développe un récit aussi émouvant que flamboyant. Si, parfois, le long-métrage fait (trop) preuve de bons sentiments, cette histoire inédite autour du sport fonctionne globalement bien, notamment grâce à l’alchimie entre ses deux acteurs.
Un film de duo
Car, outre un long-métrage sur le sport et ses coulisses – il est d’ailleurs assez fascinant de découvrir le basket et la NBA à travers le regard du cinéma français –, Le rêve américain est avant tout un film de duo. En effet, en réunissant devant sa caméra Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, Anthony Marciano offre les premiers rôles à deux des acteurs les plus en vogue du 7e art hexagonal actuel, et leur donne (enfin) la lumière.
Bien évidemment, JP Zadi et Quenard s’étaient déjà illustrés dans des projets solos salués par la critique. Le premier en écrivant, produisant et jouant dans Tout simplement noir (2020), comédie absurde qui lui vaudra le César du meilleur premier film en 2021. Le second dans Chien de la casse (2023), qui lui offrirait, trois ans seulement après sa costar, le trophée de la meilleure révélation masculine.

En les filmant ensemble dans une comédie dramatique en forme de biopic sportif, le réalisateur donne à voir une dynamique intéressante, que l’on avait pu entrevoir déjà dans L’amour ouf. Sauf qu’ici, Zadi et Quenard se la jouent plus sobres. Le premier troque l’absurdité qui a fait son succès contre un rôle mature et inspirant, tandis que le second laisse de côté ses envolées lyriques signatures pour une partition de « numéro 2 ».
Les deux acteurs dévoilent ainsi une nouvelle palette de jeu et donnent corps à cette histoire d’amitié. Car outre, le biopic sportif, Anthony Marciano se sert avant tout du récit extraordinaire de Bouna et Jérémy pour raconter le lien entre deux hommes, la relation quasi fraternelle qui les unit. Une démonstration qui rappelle les précédents travaux du réalisateur qui, toujours sous un angle « comique », s’emploie à analyser les relations humaines avec beauté, légèreté et émotion.

Des hommes de l’ombre
En filmant la trajectoire de deux agents de basket, Anthony Marciano montre le combat des hommes de l’ombre ; des passionnés qui dealent les contrats, s’essaient au réseautage, repèrent les joueurs… Avec le réalisateur, le biopic sportif prend une tout autre forme dans Le rêve américain. Plutôt que de se concentrer sur les basketteurs de façon flamboyante, le metteur en scène le parcours du combattant des recruteurs et agents sans qui rien ne serait possible.
Il en ressort un film émouvant sur l’acharnement, le travail et le rêve. Une trajectoire bluffante qui, grâce à une reconstitution plaisante des années 1990-2000 et une bande originale convaincante, nous plonge dans l’univers du basket de façon originale.
Par ailleurs, si Le rêve américain est un biopic sportif, loin des projets hollywoodiens (trop) grandioses, c’est aussi et avant tout un récit social, humain et éblouissant sur deux hommes qui ont fait le pari de sortir de leur condition et de rêver au-delà des frontières. Panier !