En salle le 18 février 2026, Maigret et le mort amoureux raconte une nouvelle enquête du célèbre Commissaire. Alors qu’un ancien ambassadeur a été assassiné, l’inspecteur, imaginé par Georges Simenon, va devoir élucider ce nouveau mystère.
1 Denis Podalydès dans le rôle de Maigret
Pour se glisser dans la peau de Maigret, Pascal Bonitzer a fait appel à Denis Podalydès, qu’il retrouve après l’avoir dirigé dans Rien sur Robert (1999). L’acteur, sociétaire de la Comédie-Française, incarne un inspecteur étonnant. D’une redoutable intelligence, il porte également en lui une certaine poésie. Avec charisme et humour, le comédien donne à voir une nouvelle facette du célèbre Commissaire.

Protagoniste central des romans noirs de Georges Simenon, Maigret trouve avec Podalydès une incarnation inédite, loin de l’aspect bourru des précédentes. L’acteur délivre une prestation amusante, parfois tendre. Oscillant entre interprétation unique et hommage au personnage légendaire, Denis Podalydès (que l’on retrouve à l’affiche de la série Mitterand confidentiel) parvient avec cette nouvelle adaptation — tirée du livre Maigret et les vieillards, écrit en 1960 — à offrir une incarnation maîtrisée et plaisante.
2 Un cosy mystery à la française
Après avoir adapté Agatha Christie avec Le grand alibi (2008), Pascal Bonitzer renoue avec le film-enquête. En choisissant, cette fois-ci, un personnage clé de la littérature policière francophone le réalisateur nous plonge dans son univers à la manière d’un cosy mystery. Toutefois, le metteur en scène a choisi d’ancrer son récit dans un réalisme français — celui des années 2000, ainsi que dans le Paris du 7e arrondissement — délaissant les codes de la littérature anglophone pour une proposition cinématographique plus sombre et naturaliste.
En s’appropriant l’œuvre de Simenon, Pascal Bonitzer offre sa propre vision du personnage de Maigret tout revisitant les codes du cosy mystery.
3 Deux mondes en un
Si la mise en scène de Pascal Bonitzer peut parfois paraître déroutante, c’est parce que le réalisateur ne fait jamais le choix d’adopter un cadre stricte pour son histoire. En effet, Maigret semble évoluer entre le réel et l’irréel ; entre le début du XXIe siècle et une France dépassée.
D’un côté, on découvre les contours du poste de police et de sa hiérarchie. De l’autre, on se laisse embarquer dans l’enquête à travers laquelle notre héros se confronte à l’univers de la diplomatie. Le film confronte le modernisme des années 2000 à l’héritage presque conservateur du XXe siècle. Le long-métrage flotte ainsi entre deux univers, comme la représentation de la dualité de son personnage principal.