Mise en ligne le 11 février sur Netflix, cette nouvelle mini-série s’inspire d’un scandale sanitaire survenu en Pologne dans les années 1970, autour d’une intoxication massive au plomb longtemps passée sous silence.
Région minière et métallurgique au cœur de la Pologne communiste, la Haute-Silésie a longtemps incarné la réussite industrielle d’un régime fondé sur la production et l’acier. C’est dans cet environnement de poussières et de fumées que s’ouvre Les enfants de plomb, mini-série mise en ligne le 11 février sur Netflix. Réalisée par Maciej Pieprzyca, remarqué en 2013 avec La vie est belle, l’œuvre s’appuie sur un scandale sanitaire avéré.
Que raconte la série ?
Dans son cabinet, les consultations de la pédiatre Jolanta Wadowska-Król se succèdent et les symptômes se ressemblent : retards de développement, troubles neurologiques, fatigue persistante… L’enquête médicale révèle des concentrations anormalement élevées de plomb dans le sang des enfants vivant à proximité d’une fonderie. Le diagnostic est sans ambiguïté : l’industrie locale empoisonne lentement une génération.

La fiction suit la détermination de la médecin à documenter les cas, organiser des dépistages et alerter les autorités. Mais dans une Pologne où l’appareil d’État contrôle l’information et protège son image industrielle, la reconnaissance du problème devient une affaire politique.
Que dit l’histoire ?
Les faits sont établis. Dans la région de Katowice, des milliers d’enfants ont été exposés à des niveaux toxiques de plomb dans les années 1970. La docteure a effectivement joué un rôle central dans la prise en charge des patients et dans la mise en lumière du scandale. La série dramatise certains échanges, condense des figures administratives et resserre la chronologie. Elle demeure toutefois fidèle à la trame principale.
À l’époque, reconnaître l’ampleur de l’intoxication revenait à admettre une faille du modèle, or l’industrie lourde était un symbole national. Cette tension entre vérité scientifique et raison d’État structure le récit. Les enfants de plomb ne se contente pas de reconstituer le drame : elle éclaire aussi des trajectoires individuelles.