L’essai revient sur l’assassinat de Richard Alessandri et le combat judiciaire mené par sa veuve, Edwige, pour prouver son innocence.
L’affaire date de l’an 2000, mais pourrait bien connaître un nouveau rebondissement prochainement avec la sortie d’un livre choc, intitulé Les deux mégots, publié aux éditions Goutte d’Or.
Pendant des années, le journaliste Geoffrey Le Guilcher a enquêté sur le meurtre de Richard Alessandri, tué dans son lit dans la nuit du 16 juillet 2000. Sa femme, Edwige Alessandri, clame dès le départ son innocence et affirme avoir entendu des cambrioleurs dire : « Merde, le coup est parti, tirez-vous ! ».
Seulement, les enquêteurs ne croient pas à sa version et tentent d’obtenir des aveux. Son fils, Yohan Boguslaw, craque après un interrogatoire de 22 heures et implique sa mère, avant de se rétracter quelques jours après, affirmant être « devenu fou » face à la pression. La justice condamne Edwige Alessandri à 12 ans de prison.
À deux reprises, la justice confirme le jugement, alors qu’Edwige Alessandri continue de clamer son innocence. Dans l’essai Les deux mégots, Geoffrey Le Guilcher reprend l’affaire de bout en bout et arrive à la conclusion qu’Edwige est innocente et que le tueur présumé est connu. Retour sur un livre-enquête surprenant qui pourrait mettre en avant une erreur judiciaire importante.
Qui aurait tué Richard Alessandri ?
Tout part en réalité de la présence retrouvée, proche des lieux du crime, de deux mégots. Les enquêteurs, dès le départ, sont persuadés de la culpabilité de la femme de la victime. Ils délaissent la piste d’un cambriolage, au point de ne pas reconnaître la possibilité pour des voleurs de s’introduire dans la maison depuis la porte-fenêtre qui n’était pas verrouillée. Deux mégots de cigarettes sont pourtant retrouvés derrière une haie dans le jardin, et l’ADN ne correspond à aucun membre de la famille.
Neuf ans plus tard, l’ADN parle : il appartient à un cambrioleur connu des forces de police. Une nouvelle enquête est ouverte, confiée à une autre brigade, qui établit avec précision la piste d’un cambriolage qui tourne mal. Seulement, l’équipe est écartée de l’affaire, au profit de celle ayant établi la culpabilité d’Edwige Alessandri et l’enquête ne va pas plus loin.
Dans son livre, Geoffrey Le Guilcher évoque toutes ces incohérences dans le dossier et va jusqu’à donner le témoignage d’une ex-compagne d’un des cambrioleurs, qui confirme les faits. Le livre, construit à la fois comme un thriller et une enquête journalistique true crime, fait sensation.
Il met en avant plusieurs choses : la possible innocence d’Edwige Alessandri, la responsabilité présumée du cambrioleur et surtout, le dysfonctionnement de l’enquête et les failles du système judiciaire. Fort de ces nouveaux éléments, l’avocat de la veuve de Richard Alessandri a annoncé faire une demande de révision pénale. Un nouveau procès pourrait donc avoir lieu.