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Charte, exclusions, recommandations : Qobuz se met au clair sur la musique générée par IA

02 février 2026
Par Pierre Crochart
Charte, exclusions, recommandations : Qobuz se met au clair sur la musique générée par IA
©Qobuz

L’autre service de streaming musical français emboîte le pas à Deezer et clarifie sa position vis-à-vis du fléau de la musique générée par IA.

C’est une petite musique qui monte, du côté des plateformes de streaming françaises : l’intelligence artificielle est dangereuse pour l’industrie de la musique… et en particulier pour les artistes qui peinent déjà à joindre les deux bouts en se consacrant à leur art. Longtemps resté évasive sur le sujet, Qobuz marche dans les pas de sa concurrente Deezer et publie un billet remettant les pendules à l’heure : la musique créée par intelligence artificielle n’est pas la bienvenue sur la plateforme.

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Qobuz vante une approche “centrée sur l’humain”

Voilà donc le premier volet du riche programme annoncé par Qobuz pour l’année 2026. Forte du recrutement de nombreux nouveaux abonnés l’an dernier, la plateforme française dédiée à la musique haute définition s’attaque au chantier brûlant de la musique générée par IA. Dans son billet de blog, Qobuz renouvelle son engagement en faveur des artistes (la plateforme est de loin la plus rémunératrice pour les musicien·nes) et l’écrit clairement : la musique par IA inonde les plateformes « au détriment des personnes qui ont consacré leur vie à écrire, jouer et enregistrer de la musique originale ».

« Du son sans contexte et du bruit sans âme », reprend, poète, la plateforme, avant de rappeler les défis que pose la musique générée par l’intelligence artificielle. Pour les artistes, c’est une ombre qui risque d’invisibiliser leur travail et de détourner une part conséquente de leurs maigres revenus. D’ici 2028, la musique AI Gen pourrait représenter 20 % des revenus du streaming. Pour les auditeur·ices, elle complexifie la découverte et érode la confiance. Pour l’industrie de la musique, enfin, la musique générée par l’intelligence artificielle augmente sensiblement les risques de fraude et compromet toute la chaîne de production, qui va des labels aux distributeurs, en passant par les ayants droit.

Pour autant, Qobuz ne rejette pas en bloc l’intelligence artificielle. L’entreprise admet, par exemple, dans sa charte IA qu’elle est utilisée, en interne, dans des tâches de support clientèle, d’optimisation des systèmes de recherche et d’interface. Le service de streaming ajoute qu’il « existe des cas où l’IA peut servir la créativité humaine, que ce soit comme outil de démo, de mixage, de mastering, voire de composition », mais pose sa limite à l’IA qui vient remplacer le processus créatif.

Ce que fait Qobuz pour lutter contre l’IA

Maintenant que le constat est posé, il est temps d’agir. Lucide, Qobuz admet qu’elle n’a pas la puissance de frappe d’une plateforme mieux dotée et que ses systèmes sont faillibles. C’est notamment la raison pour laquelle elle va s’approcher de « partenaires de l’industrie » pour « construire ensemble des solutions [de détection de la musique par IA] durables et efficaces ». En lisant entre les lignes, on peut imaginer qu’il s’agira justement de Deezer, qui annonçait la semaine dernière vouloir partager sa technologie de détection, fiable – d’après elle – à 99,9 %.

En attendant, Qobuz s’engage à ce que sa rédaction (Qobuz a une partie magazine très enrichissante) reste 100 % humaine et à ne jamais recommander que des artistes humains. La page « Découvrir » ne proposera jamais de musique générée par intelligence artificielle. Ensuite, les écoutes frauduleuses sont systématiquement exclues des rapports et relevés de droits, afin de ne pas tirer vers le bas la rémunération des artistes. D’après Deezer, plus de 80 % des écoutes de musiques par IA viennent de robots destinés à gonfler artificiellement les streams pour maximiser les revenus.

Une clarification nécessaire, à l’heure où Spotify comme les majors de l’industrie voient plutôt dans l’intelligence artificielle une nouvelle manne financière à exploiter.

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Article rédigé par
Pierre Crochart
Pierre Crochart
Journaliste