Critique

Marsupilami : le (vrai) retour de la comédie populaire et familiale

31 janvier 2026
Par Robin Negre
“Marsupilami”, en salle le 4 février 2026.
“Marsupilami”, en salle le 4 février 2026. ©Pathé

Le film de Philippe Lacheau trouve le bon équilibre et arrive à respecter l’humour de sa troupe, ainsi que l’essence de l’animal jaune et noir. Critique.

Dans le genre des adaptations de bande dessinée culte au cinéma, il n’existe généralement qu’un seul credo : ça passe ou ça casse. Avec Marsupilami, Philippe Lacheau s’attaque à son projet le plus ambitieux et parvient à mêler son univers potache à celui, plus familial, de Franquin et du Marsupilami.

Le résultat, plus accessible que ses précédents films, devrait plaire aux fans de la Bande à Fifi et laisser sur le côté ceux qui n’ont jamais accroché à son humour.

Marsupilami.©Pathé

Quelle est l’histoire du film ?

David (Philippe Lacheau), père d’un petit garçon et tout juste séparé de sa compagne, Tess (Élodie Fontan), est sur le point de perdre son travail. Pour contenter son patron, il accepte de transporter un colis étrange depuis l’Amérique du Sud lors d’une croisière familiale, en embarquant toute la famille pour faire plaisir à son fils. Quand le colis se révèle être un œuf de Marsupilami (la créature la plus convoitée au monde), le voyage prend une tout autre tournure.

Après les succès populaires que sont Babysitting (2014), Alibi.com (2017) ou encore le long-métrage Super-héros malgré lui (2021), Philippe Lacheau s’essaie de nouveau à l’adaptation d’une franchise culte, comme il avait pu le faire avec Nicky Larson et le parfum de Cupidon (2018). Dans Marsupilami, il offre sa propre version de la créature de Franquin, dans un film bien conscient des limites de l’exercice, qui ne prétend jamais être plus qu’une comédie familiale. En résulte alors un film maîtrisé et réussi.

Marsupilami.©Pathé

La bande à Fifi ajuste le tir

C’était la grande question : Philippe Lacheau et sa troupe (surnommée la Bande à Fifi) allaient-ils être capables d’écrire un film Marsupilami suffisamment grand public pour toucher autant les adultes que les enfants ? Jusqu’à présent, les films de Lacheau reposaient sur un humour assez bas de plafond, potache et gras, avec son lot de nudité pour le bien de la blague ou de la situation rocambolesque.

Un humour efficace et immédiat qui ne pouvait pas correspondre à l’ambiance voulue sur ce Marsupilami, beaucoup plus orienté vers les familles. Premier constat : Philippe Lacheau réussit l’exercice. Sans perdre son amour pour la comédie de situation ou le gag physique, et tout en s’autorisant quelques touches d’humour graveleux (une scène de Viagra est du pur Lacheau), le réalisateur arrive, avec son équipe, à déplacer le curseur de la blague potache pour offrir une comédie familiale et fédératrice.

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Marsupilami est ainsi à hauteur d’enfant. C’est bien le petit garçon de David et de Tess, Léo (joué par le touchant Corentin Guillot), qui est au cœur du récit. Sa relation naissante avec un bébé Marsupilami est à l’origine des nombreuses péripéties. Philippe Lacheau ne perd jamais de vue cette idée. Ainsi, l’humour du film repose sur l’enfance et l’innocence.

Le long-métrage est une succession de blagues pour enfants, agrémentée de références constantes aux films et séries des années 1980 et 1990, qui ont nourri Philippe Lacheau et ses comédiens. Le film ne cherche pas à être subtil. Son but ? La drôlerie pure ; avec, en prime, plusieurs francs éclats de rire.

Marsupilami.©Pathé

Plus d’émotion que prévu ?

C’est bien le point le plus surprenant de ce Marsupilami. Outre les blagues et l’humour, le film de Philippe Lacheau installe une pointe d’émotion autour de la petite créature jaune, avec notamment l’incarnation de Jamel Debbouze.

Le comédien reprend son rôle tenu dans Sur la piste du Marsupilami (2012) d’Alain Chabat, investi d’une mission sacrée : protéger et préserver l’espèce en danger des Marsus. S’ajoute à cela le regard triste du jeune Léo face à des parents en pleine séparation. Le film crée ainsi un parallèle entre les plus jeunes personnages du film, séparés malgré eux d’une famille qu’ils pensaient éternelle.

Marsupilami.©Pathé

Une croisière, un bébé Marsupilami – façon Grogu dans The Mandalorian –, Tarek Boudali en roue libre, Julien Aruti en idiot de service (comme souvent dans les films de Lacheau), quelques nouvelles recrues (Jamel Debbouze ou Alban Ivanov)… La nouvelle comédie de Philippe Lacheau est précisément ce qu’on attendait d’elle pendant une bonne partie du film.

Les gags s’enchaînent continuellement, chaque situation posée est faite pour répondre à une blague, tandis que la créature jaune devient un nouvel accessoire à utiliser pour faire rire.

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Un long-métrage sincère

Finalement, Philippe Lacheau rappelle, à sa mesure, ce qu’avait fait Alain Chabat sur son Astérix et Obélix : mission Cléôpatre (2002). Une rencontre improbable entre un monument de la bande dessinée et un humour très particulier (qui plaît ou déplaît, sans demi-mesure).

Même si l’ensemble reste inoffensif (dans la veine du cinéma de Philippe Lacheau), on ne peut qu’apprécier la volonté évidente de la Bande à Fifi de s’attaquer au patrimoine de la BD franco-belge, avec toute sa sincérité et son envie de faire rire.

Marsupilami.©Pathé

Il serait facile de reprocher à Marsupilami tout ce que la Bande à Fifi tente de faire. Une bande de potes fait des films à plusieurs millions d’euros, sans s’écarter de ce qui les a toujours fait rire : la déconne, le second-degré, la moquerie commune et le rire communicatif. Plutôt que de tomber dans le « hate-watching » gratuit (la comédie aura ses fervents détracteurs, cela ne fait aucun doute), on avoue sans mal avoir rigolé avec plaisir devant les frasques de cette troupe, et être ressorti de la projection avec une certaine naïveté.

Film innocent, simplement fait, Marsupilami confirme que Philippe Lacheau et les siens sont uniques dans le paysage audiovisuel français. Personne ne fait ce qu’ils font, à leur façon.

La bande-annonce de Marsupilami.

Marsupilami de Philippe Lacheau, avec Philippe Lacheau, Jamel Debbouze, Élodie Fontan, Tarek Boudali et Julien Arruti, 1h39, au cinéma le 4 février 2026.

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