Présenté en ouverture de la Mostra de Venise, le nouveau long-métrage suit les derniers mois d’un président italien confronté à des choix moraux. Accueilli favorablement, le film a été salué pour sa retenue formelle et l’interprétation de Toni Servillo.
La Grazia marque le retour de Paolo Sorrentino (La grande bellezza, 2013) sur le grand écran après la sortie Parthenope l’an dernier. Le cinéaste italien y explore une nouvelle fois les zones grises du pouvoir et la fatigue morale des figures d’autorité. Le film sort au cinéma le 28 janvier.
Le récit se concentre sur Mariano De Santis, un président fictif de la République italienne, à six mois de la fin de son mandat. Juriste et catholique, il doit trancher un lourd dossier : un projet de loi sur l’euthanasie, ainsi que des demandes de grâce présidentielle liées à des crimes conjugaux. À ces dilemmes publics s’ajoute une crise personnelle, nourrie par le deuil de son épouse et le soupçon persistant d’une infidélité passée.
Que dit la critique ?
Télérama salue « un film sobre et sérieux, sans être grandiloquent », où Sorrentino « s’essaie au registre intimiste, avec succès » et parvient à faire émerger « des notes d’émotion » à partir d’un monde protocolaire et austère. The Guardian évoque un « retour bienvenu à son style naturel », parlant d’une « comédie douce-amère sur le deuil et le regret » qui « prouve que Sorrentino est bien l’héritier d’Antonioni dans le cinéma italien ». Variety y voit un « drame présidentiel plus sobre que d’habitude pour lui, et c’est tant mieux ».

La presse s’accorde également sur la performance de Toni Servillo. « Acteur capable de suggérer d’un simple sourire des profondeurs insondables de tristesse ou un humour bienveillant », note le quotidien britannique. The New York Times parle de son côté d’un comédien « incroyablement expressif », dont l’interprétation est « calme, humaine, d’une mélancolie empreinte d’empathie ».
Enfin, plusieurs critiques soulignent la finesse avec laquelle La Grazia aborde la question de l’euthanasie sans la transformer en manifeste. Variety insiste sur ces choix moraux « qui, avec subtilité, donnent au film une véritable profondeur », rappelant que un président « tiraillé entre sa compassion et sa foi ». NYT évoque quant à lui « de profonds questionnements éthiques et juridiques », portés par un récit qui s’attarde sur l’indécision plutôt que sur la prise de position.