Elle sera d’abord testée aux États-Unis, mais devrait inévitablement s’inviter de ce côté de l’Atlantique dans les mois à venir.
Un peu plus d’un mois après qu’OpenAI a admis que son chatbot d’intelligence artificielle allait bien accueillir de la publicité, le coup d’envoi est donné aux États-Unis. La startup, actuellement très chahutée par un Google en grande forme grâce à Gemini 3, en a fait l’annonce en fin de semaine dernière sur ses réseaux sociaux.
De la publicité… même pour les comptes payants
Comme l’annonce OpenAI sur son compte X, la publicité arrivera donc sur ChatGPT aux États-Unis « dans les prochaines semaines ». Consciente du caractère incendiaire d’une telle annonce, la marque prend toutes les précautions nécessaires et publie dans la foulée une charte clarifiant les cinq grands principes que l’entreprise tient à respecter avec l’affichage des réclames. Les voici traduits.
- L’indépendance des réponses : OpenAI assure que les réponses de son robot ne seront pas orientées pour favoriser les produits des publicités qui pourraient s’inviter dans les conversations, et tout lien sponsorisé sera labellisé comme tel.
- La confidentialité des conversations : le contenu des échanges avec ChatGPT n’est jamais revendu à des annonceurs pour de la publicité ciblée.
- Le contrôle utilisateur : chacun·e est libre de désactiver la personnalisation des publicités afin de recevoir des annonces plus génériques, et donc moins susceptibles de le ou la faire craquer.
- L’expérience utilisateur prime : l’idée derrière l’affichage publicitaire n’est pas de ralentir le temps de réponse et de faire en sorte que les utilisateurs et utilisatrices restent plus longtemps sur ChatGPT. La pub ne se mettra pas en travers de leur chemin.
- L’alignement avec la mission : pour OpenAI, l’affichage publicitaire est un moyen et pas une fin en soi. Une source de revenus supplémentaire pour « mener à bien sa mission » de développer l’intelligence artificielle générale.
Là où le bât blesse, c’est que la publicité s’affichera non seulement auprès des internautes utilisant un compte gratuit, mais également pour celles et ceux abonné·es à la formule Go, qui vient d’être lancée. Seuls les comptes Plus et Pro seront épargnés.

De la publicité… pour notre bien
OpenAI n’y va pas avec le dos de la cuillère pour tenter de faire passer la pilule. D’après une publication officielle de l’entreprise sur son blog, la publicité n’est pas une nuisance, mais bel et bien une chance pour les internautes. « Les meilleures annonces sont utiles, divertissantes et aident les utilisateurs à découvrir de nouveaux produits et services », assure la directrice technique Fidji Simo dans son billet.
Mais, la publicité est surtout un apport financier essentiel pour OpenAI qui, à l’heure où seuls 5 % de ses 800 millions d’utilisateurs et d’utilisatrices hebdomadaires revendiqués paient un abonnement, perd énormément d’argent à soutenir le développement de ses outils d’intelligence artificielle. C’est ce que fait le Web depuis 20 ans : si les internautes refusent de payer, la publicité s’impose encore comme le meilleur moyen de dégager un revenu stable.
D’autant que, contrairement à un navigateur web, on ne trouve pas (encore ?) de bloqueur de publicités sur l’app store lancé il y a quelques semaines par ChatGPT. Nul doute que ce revirement inspirera certains développeurs à se lancer dans un projet de ce genre.