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Google lance Personal Intelligence aux États-Unis et passe un nouveau cap dans la démocratisation de l’IA

15 janvier 2026
Par Pierre Crochart
Google lance Personal Intelligence aux États-Unis et passe un nouveau cap dans la démocratisation de l'IA
©Google

Gemini est en passe de devenir encore plus pertinent en prenant en considération votre contexte personnel et vos préférences.

Dans la foulée de l’annonce du partenariat avec Apple sur l’IA, Google dévoile une nouveauté qui semble répondre aux promesses que son concurrent n’a justement pas su tenir avec Apple Intelligence. Personal Intelligence, comme son nom l’indique, est une nouvelle couche de personnalisation pour son intelligence artificielle Gemini, susceptible de la faire entrer de façon encore plus profonde dans notre quotidien.

Qu’est-ce que Personal Intelligence ?

Aller au-delà des « réponses génériques de l’IA ». Voilà l’ambition centrale de ce nouveau module destiné à Gemini qui, Google l’assure, s’activera uniquement avec le consentement des utilisateurs et des utilisatrices. Concrètement, Personal Intelligence se propose de siphonner l’ensemble de vos données YouTube, Gmail, Google Photos, Agenda et d’autres afin de renforcer ses connaissances vous concernant. Ce faisant, Gemini connaît vos préférences, vos envies, vos passions, mais également vos habitudes – chose qui va lui permettre d’être plus pertinent dans ses réponses.

Par exemple, admettons que vous prépariez un voyage dans une grande ville. Beaucoup de personnes utilisent déjà l’IA pour planifier leurs visites et établir un parcours. Par défaut, Gemini va dresser une liste des immanquables pour votre destination et vous proposer différents restaurants bien notés. Mais, avec Personal Intelligence, l’IA sait que vous ne mangez pas de viande et que vous détestez les musées d’art contemporain. Ce genre d’endroits seront exclus des recommandations, pour ne vous proposer que ce que vous aimez déjà.

Autre exemple, donné par Google dans son annonce : « Si vous cherchez à acheter des pneus hiver, Gemini peut consulter les documents d’assurance dans votre Gmail pour identifier la marque et le modèle spécifiques de votre véhicule, garantissant ainsi que les recommandations soient parfaitement adaptées. » La firme indique que la source de ses connaissances sera toujours spécifiée dans les réponses made in Personal Intelligence, et qu’il sera possible de le corriger si ses connaissances sont faussées ou ne sont plus d’actualité.

Pourquoi Personal Intelligence a-t-il peu de chances d’arriver en Europe ?

Vous l’imaginez à la lecture des quelques exemples ci-dessus : activer Personal Intelligence revient à livrer toute sa vie numérique (et donc toute sa vie) à Google. Un partage de données massif et sans barrières (dont Google assure prendre le plus grand soin), qui n’est destiné qu’à améliorer les réponses de Gemini. Google n’a pas tort sur un point : il est déjà en possession de ces données. Personal Intelligence permet seulement de les utiliser pour enrichir Gemini afin qu’il soit plus utile pour vous.

Des garde-fous sont évidemment en place, notamment concernant la santé. « Gemini se retiendra de faire des présomptions à propos de données sensibles comme la santé, mais pourra discuter de ces sujets si vous le lui demandez. » Une approche différente de celle de ChatGPT Health qui, lancé la semaine dernière par le concurrent OpenAI, demande carrément à ses utilisateurs et utilisatrices de télécharger leur historique de santé pour obtenir des conseils et analyses.

Quoi qu’il en soit, nous l’avons dit : Personal Intelligence n’est pour l’heure disponible qu’aux États-Unis, et pour les abonné·es Google AI Pro ou AI Ultra. Pour des questions de protection des données personnelles, il y a fort peu de chances que ce genre de fonctionnalité puisse être lancée, en l’état, sur le sol européen. Mais, dans un monde où le gouvernement étasunien semble mener la charge contre la régulation européenne, les choses pourraient bientôt changer. Au bénéfice des consommateurs ou des géants de la tech ?

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Article rédigé par
Pierre Crochart
Pierre Crochart
Journaliste