Jonathan Cohen et Magalie Lépine-Blondeau se donnent la réplique dans L’âme idéale. Une comédie romantique et fantastique attendue, qui permet toutefois à son acteur – et producteur – d’explorer sa part dramatique et sensible.
Jonathan Cohen voudrait-il casser son image de franc comique ? Après La flamme (2020), Le flambeau (2022) ou encore Sentinelle (2023), l’interprète du mythique Serge le mytho semble vouloir se frotter, depuis quelques projets, à un nouveau registre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fait du bien !
Après Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan (2025) dans lequel il incarnait Roland, le dernier d’une grande fratrie, face à Leïla Bekhti – bien décidée à ce que son fils, né avec un pied-bot, marche comme tout le monde –, on le retrouve en ce mois de décembre dans L’âme idéale. Dans ce film d’Alice Vial, Jonathan Cohen dévoile une part aussi sensible que romantique en donnant la réplique à Magalie Lépine-Blondeau.

Cette dernière interprète Elsa, une cancérologue au don unique. Capable de voir les morts, elle les aide régulièrement à passer de « l’autre côté ». Mais ce pouvoir est aussi une malédiction, au point que la jeune femme a renoncé aux histoires d’amour. Quand, un soir, elle rencontre et passe la nuit avec Oscar (Jonathan Cohen), Elsa espère démarrer une nouvelle relation. Mais ça, c’était avant de découvrir que cet homme idéal est en fait mort et l’ignore…
Histoire de fantômes
La comparaison avec des films comme Le sixième sens (1999) pour son aspect fantastique ou bien Ghost (1990) pour sa romance depuis l’au-delà sont évidentes. Pourtant, le film d’Alice Vial porte en lui une modernité sympathique et une légèreté bienvenue dans sa démonstration. Bien que les enjeux ne révolutionnent pas le genre de la comédie romantique, L’âme idéale possède une certaine vitalité. Malgré l’appréhension de la rupture, du deuil ou de la mort, le long-métrage ne tombe jamais dans le pathos. Au contraire, il révèle des émotions sincères entre les personnages.
Car c’est avant tout la dynamique entre Elsa et Oscar qui donne tout son sens au film. Magalie Lépine-Blondeau, découverte durant le Festival de Cannes dans le magnifique Simple comme Sylvain (2023) de Monia Chokri, revient dans nos contrées avec une histoire d’amour toujours aussi moderne. L’actrice québécoise poursuit son envie de raconter des récits contemporains et féministes à travers des héroïnes charismatiques, sensibles, drôles, qui souhaitent avant tout se réaliser elles-mêmes.

En effet, sa rencontre avec Oscar n’est finalement qu’un moyen pour Elsa de comprendre qu’elle aussi a droit au bonheur. À travers cette relation inédite, la jeune femme – loin de servir de faire-valoir – est au centre de l’histoire et sa quête, en forme de récit d’apprentissage, est en fin de compte le cœur du long-métrage.
Face à elle, un Jonathan Cohen plus sensible et sobre. En effet, l’acteur s’éloigne de son registre comique habituel pour se glisser dans la peau d’Oscar, un DJ amateur, cueilli par la mort accidentellement. Loin de sa traditionnelle extravagance, le comédien trouve ici un rôle sensible et touchant, mais surtout romantique. En interprétant le compagnon et amant, Jonathan Cohen se glisse dans la peau d’un nouvel archétype ; une itération inédite dont on avait pu apercevoir les débuts dans Énorme (2019) de Sophie Letourneur, face à Marine Foïs. Marc, le pitre de La flamme, a donc laissé place à Oscar.
Ceci étant dit, et en dépit de la dynamique entre ses deux acteurs, L’âme idéale manque d’envergure dans son scénario. Bien que l’émotion soit présente, cette histoire de fantôme en forme de comédie romantique manque parfois de rythme pour qu’on puisse véritablement plonger dans cette histoire d’amour inédite. Là où on espérait une relation rocambolesque, des situations cocasses et une certaine drôlerie, se déploie surtout un film de personnages, certes tendre, mais qui manque toutefois de la densité nécessaire pour nous emporter (dans l’) au-delà.