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Stadia : Google ferme ses studios de développement de jeux vidéo

02 février 2021
Par Thomas Estimbre

Google revoit sa stratégie concernant Stadia et annonce la fermeture de ses studios de jeux vidéo, moins de deux ans après leur ouverture. La firme veut concentrer ses efforts sur sa plateforme de cloud gaming.

Google a beau être l’une des marques les plus puissantes du monde, il n’est pas simple de s’imposer dans le jeu vidéo et le géant américain l’apprend à ses dépens. Alors qu’il promettait une révolution avec Stadia, force est de constater que la plateforme peine encore à convaincre, malgré une conjoncture favorable pour le jeu vidéo, comme en témoignent les excellents résultats de Microsoft avec la branche Xbox ou Nintendo avec sa Switch. Le géant de l’Internet avait éveillé la curiosité lors de l’annonce de Stadia, en faisant le pari du cloud gaming, une technologie alors jugée immature. Pour mieux se donner les moyens de réussir, Google s’était également positionné dans le domaine de la création de contenus.

 Le Stadia Games and Entertainment Studio à Playa Vista (Los Angeles) © Google
Le Stadia Games and Entertainment Studio à Playa Vista (Los Angeles) © Google

La firme de Mountain View avait annoncé l’ouverture d’un premier studio de développement de jeux vidéo à Montréal, sous la direction de Jade Raymond. Cet ancienne d’Ubisoft et EA ne cachait pas son ambition et un second Studio avait ouvert ses portes à Playa Vista (Los Angeles) en mars 2020. La période avait aussi été marquée par l’acquisition du studio indépendant Typhoon. Finalement, les ambitions de Google dans ce domaine auront été de courte durée. Dans un communiqué, le vice-président et directeur général de Google Stadia, Phil Harrison, annonce la fermeture de ses studios de jeu vidéo. « Nous avons décidé de cesser d’investir dans le contenu exclusif créé par l’équipe de développement interne de Stadia Games & Entertainment (SG&E), à l’exception de certains projets dont la livraison est prévue à court terme ».

Google justifie sa décision en expliquant que le cycle de conception de jeux de premier ordre « nécessite de nombreuses années de travail et des investissements importants, et les coûts augmentent de façon exponentielle ». Cette annonce marque également le départ de Jade Raymond qui quitte Google « pour saisir d’autres opportunités » tandis que « la plupart » des membres de l’équipe Stadia Games & Entertainement se verront confier de nouveaux rôles dans les mois qui viennent.

Le groupe semble avoir sous-estimé la tâche et préférer jeter l’éponge face aux difficultés. Toutefois, Google est loin d’abandonner Stadia et l’idée d’apporter une nouvelle manière de jouer. Après avoir rappelé les dernières nouveautés apportées à Stadia, Phil Harrison confirme que « l’avenir de cette industrie est de pouvoir jouer en continu sur n’importe quel écran, et nous continuerons à investir dans Stadia et sa plateforme sous-jacente pour offrir la meilleure expérience de cloud gaming à nos partenaires et à la communauté des joueurs ».

Faut-il s’inquiéter pour Stadia ?

Après à peine un an et demi d’existence, la décision de Google apparaît comme un coup dur. Ses studios n’auront lancé aucun jeu et le géant américain a sans doute eu les yeux plus gros que le ventre sur un segment qui n’est pas son cœur de métier. Ce couac interpelle également sur le sort réservé à Stadia qui n’a pas totalement convaincu depuis sa sortie. Google peut néanmoins s’enorgueillir d’avoir su proposer l’une des plateformes les plus efficaces pour jouer à Cyberpunk 2077 à son lancement. Ce succès est une piste à suivre pour Google qui dispose d’un service au potentiel certain et ne demande qu’à être exploité.

Article rédigé par
Thomas Estimbre
Thomas Estimbre
Journaliste
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