Depuis la sortie de « Marty Supreme » de Josh Safdie avec Timothée Chalamet le 18 février au cinéma, la bande-originale du film fait sensation. Portée par les classiques d’Alphaville ou de Tears For Fears, cette sélection 100 % années 80 connaît un véritable revival, notamment sur les réseaux sociaux. La raison ? Un choix foisonnant, anachronique et taillé sur mesure, qui réveille la nostalgie des générations eighties tout en séduisant la Gen Z. Décryptage du phénomène.
Réalisé par Josh Safdie, Marty Supreme s’impose comme l’un des grands événements cinéma de ce début d’année 2026. En salles depuis le 18 février, le long-métrage retrace l’ascension de Marty Mauser, campé par Timothée Chalamet, jeune prodige du ping-pong à l’ambition démesurée, prêt à tout pour devenir numéro un mondial.
Si la campagne ultra-marketing autour du film, – entre vidéos virales, happenings extravagants et célèbre veste vintage hors de prix – a d’abord été l’objet de toutes les attentions, c’est bien sa bande-originale qui fait désormais parler.
Au cœur de l’Amérique des fifties, un univers sonore : celui des années 80. Alphaville, Tears for Fears, New Order… Ici, l’anachronisme est pleinement assumé – et totalement maîtrisé. Vintage pour la Gen Z, futuriste pour les personnages du récit : le choix est audacieux, presque évident. Et le revival, lui, quasi inévitable.
Une B.O. 80’s taillée sur mesure
Dans Marty Supreme, les chansons ne sont pas seulement choisies pour accompagner telle ou telle scène : elles sont pensées pour coller, trait pour trait, au personnage complexe et avant-gardiste du pongiste.
Résultat ? Un savant mélange entre esthétique rétro des années 50 et ambiance synth-pop/new wave tout droit sortie des eighties. Un contraste millimétré, pleinement adapté à la modernité du héros.
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Alphaville – Forever Young (1984)
Dès l’ouverture du film, Forever Young enveloppe le spectateur d’une profonde nostalgie. « Je ne l’entendrai plus jamais de la même manière. Cette séquence d’ouverture est gravée dans mon cerveau », peut-on lire sur les réseaux sociaux. Un classique new wave qui esquisse avec justesse l’univers de Marty, entre jeunesse éternelle, rêve absolu et refus des limites.
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Tears for Fears – Everybody Wants To Rule The World (1985)
Difficile de trouver un titre plus adapté au champion de ping-pong. Extrait de Songs From The Big Chair, Everybody Wants To Rule The World incarne parfaitement la quête de gloire du jeune joueur – entre compétitions redoutables et exigence accrue –, notamment lors du générique de fin. « Rêver en grand » n’a jamais sonné aussi juste.
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Peter Gabriel – I Have The Touch (1982)
Moins connu du grand public, ce morceau de Peter Gabriel trouve ici une nouvelle résonance. Pour l’anecdote, Josh Safdie l’aurait écouté plus de 1000 fois afin de synchroniser image et musique. Résultat ? Une séquence puissante, presque mythique, qui sublime la précision du jeu de Marty.
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New Order – The Perfect Kiss (1985)
Hymne synth-pop par excellence, The Perfect Kiss (Low-Life) insuffle une énergie moderne à des scènes pourtant situées dans les années 50 – renforçant le caractère jeune et avant-gardiste du héros. Un titre qui reflète totalement le tempérament nerveux et arrogant du pongiste, tout en dynamisant la BO.
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The Korgis – Everybody’s Got To Learn Sometime (1980)
Cette ballade mélodique aux notes profondément nostalgiques conclut élégamment le film sur une note douce-amère. Déjà célèbre pour son utilisation dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind, cette chanson des Korgis prend ici une autre dimension – rappelant que derrière l’ambition et la gloire se cachent aussi la chute, l’apprentissage et la maturité.
Des classiques musicaux remis au goût du jour
Avec l’avènement du digital, le phénomène est devenu monnaie courante : dès qu’un film ou une série met en avant un titre des générations précédentes, les internautes s’en emparent et le propulsent dans le présent. Recherches Shazam en flèche, explosion des écoutes sur les plateformes de streaming, trends virales sur TikTok… La machine s’emballe à vitesse folle.
L’exemple idéal ? Strangers Things. Grâce à la série Netflix, le titre Running Up That Hill de Kate Bush, sorti en 1985, s’est vu propulsé en tête des classements mondiaux, près de 40 ans après sa sortie. Même dynamique pour Prince : la réutilisation de Purple Rain (1984) lors de la saison finale a entraîné un envol spectaculaire des écoutes de la BO culte (+577% chez la Gen Z début janvier).
@mizz_aep Kate Bush singing ‘Running Up That Hill’ Live in 1985. Kate Bush is a British singer songwriter and producer who became famous for doing things her own way. She broke through in 1978 with Wuthering Heights, a song she wrote at 18 that reached number 1 in the UK and made her the first woman to top the charts with a self written song. From the start, she stood out for her unusual voice, literary lyrics, and theatrical performances that drew from dance, film, and classical music. Rather than following pop trends, Kate Bush built a career around experimentation and control. She was one of the first major artists to use the Fairlight synthesizer extensively, shaping a sound that felt cinematic and ahead of its time. Albums like The Dreaming and Hounds of Love pushed boundaries in structure, storytelling, and production. She also took charge in the studio, becoming known as a meticulous producer at a time when that role was rarely held by women. Her influence runs deep across generations. Artists from art pop, indie, and electronic music often cite her as a reference point for creative freedom. Decades after stepping away from constant public life, her music continues to resurface, proving its lasting emotional and artistic impact. #katebush #song #trend #fyp #xyzbca ♬ original sound – AB Editz
Plus récemment, All The Things She Said du duo t.A.T.u. a connu un nouvel élan viral sur TikTok, après sa mise en avant dans une scène marquante de la série phénomène Heated Rivalry.
Ainsi, Marty Supreme s’inscrit pleinement dans ce contexte. Avec ses classiques des années 80, le long-métrage participe à la redécouverte de morceaux emblématiques d’une époque – désormais magnifiés, à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux, en véritables tubes intergénérationnels.
@divasdoitbetterr forever younggg #relatablevideos #repost #relatablequote #pinkfont #fyp @Rachel barbarosh ♬ Forever Young (2019 Remaster) – Alphaville