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Wikipedia bannit le texte généré par intelligence artificielle

26 mars 2026
Par Pierre Crochart
Wikipedia bannit le texte généré par intelligence artificielle
©JarTee/Shutterstock

L’IA n’est (plus) la bienvenue au sein de la communauté anglophone des éditeurs de la plus grande encyclopédie en ligne du monde.

Alors que l’intelligence artificielle facilite énormément la création de faux, et que le « Grokipedia » d’Elon Musk propose une certaine forme de révisionnisme alimenté par l’IA, Wikipedia prend une mesure forte pour garantir la pertinence et la qualité des pages qu’il met en ligne. Si les processus de vérification sont déjà rigoureux, l’émergence des grands modèles de langage (LLM) complexifie considérablement la tâche des modérateur·rices de l’encyclopédie, qui mettent aujourd’hui le holà.

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La version anglophone de Wikipedia ne veut plus d’IA

C’est désormais acté : les auteur·rices de pages Wikipedia ne sont plus autorisé·es à utiliser des LLM pour générer des pages ou en réécrire le contenu. L’administrateur·rice Chaotic Enby explique dans un post que cette mesure arrive au terme d’âpres débats au sein de la communauté qui, comme partout, est partagée sur l’utilisation que l’on peut faire des outils d’intelligence artificielle.

« Les précédentes tentatives pour mettre en place une règle commune et mondiale sur les LLM n’ont pas abouti, comme c’est souvent le cas quand on s’attaque à des chantiers aussi énormes, raconte Chaotic Enby. Même ceux qui étaient plutôt d’accord avec le projet ont fini par tiquer sur des points précis, trouvant ça soit trop flou, soit trop pointu. Au final, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut que ça change, mais personne ne s’entend sur la manière de s’y prendre. »

Un accord a donc finalement été trouvé, notamment grâce à l’introduction de deux exceptions à l’utilisation de l’IA : les éditeurs et éditrices sont autorisé·es à s’aider d’un chatbot pour proposer des améliorations de leur style d’écriture, sans que le contenu soit altéré. En clair, l’utilisation d’un LLM comme un relecteur est autorisée. Autre exception, assez connexe : l’utilisation de l’IA est autorisée dans le cadre d’une traduction d’un long article. Cependant, les éditeur·rices doivent être suffisamment à l’aise dans la langue cible pour pouvoir relire le résultat et opérer des corrections. L’idée est de gagner du temps, pas de déléguer la tâche qui incombe à l’éditeur.

Des mesures en réalité difficilement applicables

Si l’on peut se réjouir que la communauté qui fait vivre une part considérable du savoir commun en ligne se dresse contre les dangers potentiels de l’intelligence artificielle, il faut considérer plusieurs choses. La première est que cette décision ne concerne, pour l’heure, que la version anglaise de Wikipedia (en.wikipedia.org). Chaque instance de l’encyclopédie en ligne dispose de son propre jeu de règles, et l’équipe d’éditeurs français pourrait tout à fait décider, au contraire, de plonger les deux pieds devant dans l’IA (peu probable).

La seconde limite est évidente : s’assurer qu’un texte n’a pas été rédigé intégralement par l’intelligence artificielle est une gageure. A fortiori dans le cas d’articles aussi impersonnels et académiques que ceux des pages Wikipedia. Le site a d’ailleurs mis en ligne un guide, censé aider les éditeur·rices à repérer du texte généré par IA, mais reconnaît d’emblée ses limites : « Certains éditeurs ont un style d’écriture qui peut ressembler à celui des LLM. »

Reste que, comme partout, le simple fait d’interdire formellement une pratique devrait déjà décourager une partie des éventuels faussaires. Au moins, les choses sont clarifiées du côté de Wikipedia, et les contributeurs et contributrices peuvent désormais se reposer sur cette règle absolue pour couper court à tout débat avec quelqu’un qui refuserait de ne plus utiliser l’IA pour ses articles.

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Article rédigé par
Pierre Crochart
Pierre Crochart
Journaliste