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Peaky Blinders : peut-on voir le film sans avoir vu la série ?

20 mars 2026
Par Louise Lepense
“Peaky Blinders : L'Immortel”, le 20 mars 2026 sur Netflix.
“Peaky Blinders : L'Immortel”, le 20 mars 2026 sur Netflix. ©Netflix

Accessible, oui. Autonome, pas tout à fait. Avec L’Immortel, Peaky Blinders propose une conclusion qui se comprend seule, mais qui prend une toute autre ampleur lorsqu’on en connaît l’histoire.

La noirceur des rues de Birmingham s’apprête à refaire surface. Dans ce décor saturé de fumée, de violence et d’ambitions contrariées, Thomas Shelby revient livrer, ce 20 mars, le dernier chapitre d’une saga entamée en 2013 avec L’Immortel. Une conclusion attendue, presque redoutée. Reste une question plus pragmatique : faut-il avoir vu les six saisons de Peaky Blinders – un véritable monument de la télévision moderne – pour s’y plonger ? Pas nécessairement.

Le film est-il accessible aux néophytes ?

Pensé pour une diffusion sur plateforme, le long-métrage ne se ferme pas aux nouveaux venus. Le créateur Steven Knight revendique un film compréhensible sans bagage préalable, un avis partagé par l’acteur phare Cillian Murphy dans Deadline. La narration privilégie l’efficacité : les rapports de pouvoir, les alliances et les enjeux se dessinent rapidement.

Peaky Blinders : L’Immortel©Netflix

L’intrigue, située dans les années 1940, plonge la famille Shelby dans une ville frappée par les bombardements. Tommy est entraîné dans une opération visant à démanteler un réseau lié à des sympathisants nazis.

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Pour autant, les créateurs ne nient pas l’intérêt d’un minimum de contexte. Knight recommande notamment trois épisodes pour en capter toute la portée : le pilote, qui fixe les bases du personnage ; le final de la saison 2, où Tommy Shelby se confronte frontalement à sa propre fin ; et le dernier épisode de la série, qui redéfinit son rapport à la violence et à lui-même.

Une autonomie qui atteint vite ses limites

Cette lisibilité ne signifie pas indépendance totale, puisque par définition, le film s’inscrit dans la continuité d’une œuvre déployée sur plus d’une décennie. Sans la série, certaines dimensions restent en retrait, en particulier la complexité du personnage principal et le poids de son histoire.

Cilian Murphy dans le rôle de Thomas Shelby, dans Peaky Blinders.©Netflix

Le rapport de Tommy Shelby à la mort éclaire différemment ses décision. De même, la disparition de figures centrales ou les fractures au sein de la famille confèrent une portée particulière à ses choix. Privés de ces repères, certains moments pourront sembler abrupts à des néophytes, là où ils prolongent en réalité une trajectoire construite sur des années.

Pourquoi faut-il voir impérativement voir cette série ?

Peaky Blinders ne s’est pas contentée d’aligner les qualités : elle a laissé une empreinte durable dans le paysage des séries contemporaines. D’abord par ses interprétations, à commencer par celle de Cillian Murphy, qui a redéfini sa carrière avec ce rôle, imposant une présence froide, contenue et magnétique.

S’y plonger, c’est accepter une trajectoire au long cours, une traversée de l’Angleterre de la première moitié du XXe siècle, dans ses tensions sociales, politiques et économiques. À cette ambition s’ajoute une signature visuelle et sonore particulièrement travaillée : jeux d’ombres, contrastes, palettes sombres composent une atmosphère étouffante, tandis que la bande-son, l’une des plus marquantes du paysage sériel, insuffle une énergie rock’n roll à l’ensemble. Tout simplement immanquable.

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