OFF February : une détox numérique est-elle vraiment possible en 2026 ?

14 février 2026
Par Alexandra Bellamy
OFF February : une détox numérique est-elle vraiment possible en 2026 ?
©Shyntartanya/Shutterstock

Après un mois sans consommer d’alcool à l’occasion du Dry January, certains consommateurs se sont lancé un nouveau défi : l’initiative OFF February, soit 28 jours de sobriété numérique. Alors, un mois sans réseaux sociaux : prêts à relever le pari ?

Le mois de février est déjà bien entamé mais qu’est-ce qui vous empêche de vous y atteler dès maintenant, quitte à écourter les 28 jours ou à déborder sur le mois de mars, voire au-delà ? Car dans cette campagne appelant à se déconnecter des réseaux sociaux pendant un mois entier, l’important, ce ne sont pas tant les dates que les messages sous-jacents.

Extrait d’une vidéo tournée à Madrid par le Mouvement OFF
Extrait d’une vidéo tournée à Madrid par le Mouvement OFF, véhiculant un message : l’addiction aux notifications fait de nous des zombies.©Mouvement OFF

Un mouvement qui s’appuie sur des études et un manifeste

La première édition de cette campagne de détox numérique compte des participants partout dans le monde. Contrairement à d’autres mouvements nés de manière spontanée (souvent sur les réseaux sociaux, d’ailleurs), celui-ci est structuré. Il est né sous l’impulsion de Diego Hidalgo, titulaire d’un master en sociologie de l’université de Cambridge, qui s’intéresse aux liens entre technologie et comportements sociaux.

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Il a entre autres réalisé des études sur l’impact de Facebook sur les relations humaines. Il est l’auteur des ouvrages Anesthésiés. L’humanité sous l’emprise de la technologie et Reprendre le contrôle 50 pistes pour repenser notre avenir numérique.

Le Mouvement OFF et l’initiative OFF February qui en découle s’appuient sur le Manifeste OFF (qui date de 2024) qu’on peut d’ailleurs signer pour signifier qu’on est en accord avec les valeurs qu’il défend.

La campagne OFF February a pour objectif de donner de la visibilité à l’initiative (ça fonctionne car les médias sont nombreux à s’en faire l’écho), de sensibiliser le grand public et de se soutenir collectivement dans la démarche. Car d’après les organisateurs, les utilisateurs sont nombreux à être conscients du temps que les réseaux grignotent sur leur vie, sans pour autant parvenir à s’en dépêtrer.

Extrait du Baromètre du numérique 2025
Extrait du Baromètre du numérique 2025 édité par l’Arcep, l’Arcom, le CGE et l’ANCT.©Arcep

La possibilité de récupérer 54 heures de son temps en un mois

« Les technologies numériques se sont immiscées dans presque tous les aspects du quotidien. Sans nous en rendre compte, nous avons été exploités par elles, au lieu de les garder sous notre contrôle » peut-on lire sur le site officiel du Mouvement OFF. Ce dernier nous pousse à nous interroger sur ce que nous faisons de notre temps, les heures que nous consacrons aux réseaux et le bénéfice qu’on en tire. Dans le viseur, les algorithmes qui nous incitent à scroller frénétiquement, qui « absorbent notre temps et notre énergie ».

L’organisation cite d’ailleurs un chiffre : 54 heures. C’est le temps moyen qu’on peut dégager en un mois si on se dispense de consulter les réseaux sans vraiment penser à ce qu’on fait. L’édition 2025 du Baromètre du numérique (étude annuelle commune de l’Arcep, de l’Arcom, du CGE et de l’ANCT) confirme ces résultats : plus de 70 % des répondants affirment passer plus de deux heures par jour sur les écrans pour un usage personnel. Ce temps récupéré, le Mouvement OFF propose de l’occuper à n’importe quelle autre activité, assurant que cela aura un impact bénéfique sur le bien-être. D’ailleurs, le Mouvement est aussi à l’origine d’autres initiatives incitant à déconnecter, comme des marches à thème « Walk Instead of Scroll » dans différentes villes du monde.

Capture site OFF
À coups de vidéos et phrases choc, le Mouvement OFF nous encourage à remplacer le temps passé sur les réseaux par d’autres occupations.©Mouvement OFF

Couvrez cet app que je ne saurais voir

On peut se demander si une telle détox numérique est possible en 2026, Le défi nous semble justement exposé de manière à être réalisable. « Il ne s’agit pas de tout éteindre, mais de reprendre le contrôle sur la technologie et de veiller à ce que son développement soit en phase avec les intérêts humains, » indique le Mouvement OFF, qui parle de « déconnexion sélective ».

En effet, le challenge ne consiste pas à ne pas consulter les réseaux du tout pendant un mois, ni à supprimer ses comptes, mais à désinstaller les applications de réseaux sociaux de son smartphone. Si on en a besoin, on peut s’y connecter depuis un ordinateur. En n’ayant plus ces plateformes constamment sous la main, on évite ainsi la tentation de les consulter à la moindre occasion, parfois par simple habitude, et de se laisser happer.

Vidéo à intégrer

Prêts ? Voici quelques conseils

Si on se réfère au Baromètre du numérique cité précédemment, de nombreux Français seraient prêts à entamer une détox numérique dont les bienfaits sont variés (gain de temps, mais aussi amélioration du sommeil, de la concentration, sentiment de bien-être accru…). Selon l’enquête, 42 % de la population estime passer un temps excessif sur les écrans. Elle met aussi en lumière un lien direct entre usage des réseaux et activité numérique chronophage : « À temps d’écran égal, les utilisateurs fréquents des réseaux sociaux sont deux à trois fois plus nombreux à estimer leur temps d’écran excessif, » peut-on lire dans le Baromètre.

On ne compte plus les sites prodiguant des conseils pour déconnecter des écrans. Nous avons choisi d’en relayer quelques-uns qui nous semblent pertinents pour commencer : fixer des plages horaires, des temps et des espaces du foyer sans smartphone ; traquer son temps d’écran pour en prendre conscience et s’encourager à le limiter ; désactiver les notifications des réseaux et applications ; prévoir d’autres activités pour occuper le temps libéré comme lire, faire du sport, marcher, jardiner… Pourquoi ne pas commencer par un mois sans réseaux ?

Article rédigé par
Alexandra Bellamy
Alexandra Bellamy
Journaliste
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