Une ancienne agente danoise s’invite dans les affaires de ses voisins islandais avec un zèle déroutant. Diffusée ce soir sur Arte, la mini-série de Benedikt Erlingsson a largement convaincu la critique.
Créée par Benedikt Erlingsson (Woman at War), La voisine danoise a été dévoilée en avant-première à Series Mania, avant d’être mise en ligne sur Arte.tv le 29 janvier, puis programmée ce jeudi 5 février en première partie de soirée. Cette mini-série nordique en six épisodes s’inscrit dans le sillage des fictions scandinaves qui interrogent tensions sociales et rapports de pouvoir.
De quoi parle vraiment la série ?
L’intrigue suit Ditte Jensen, ancienne agent des services secrets danois, qui s’installe dans un immeuble résidentiel de Reykjavik avec l’intention de mener une retraite discrète. Très vite, elle se heurte aux frictions ordinaires de la vie en copropriété : voisinage bruyant, conflits familiaux, maltraitance animale ou dérives adolescentes. Autant de situations qu’elle traite à l’aide de procédés hérités de sa carrière dans le renseignement, souvent excessifs et difficilement justifiables.

Ce décalage constant entre la trivialité des problèmes et la violence des réponses constitue le ressort principal de la série. Comme le résume Le Monde, « l’asymétrie entre la banalité de la vie quotidienne […] et la radicalité des interventions de la nouvelle arrivante produit un effet comique irrésistible ».
Qu’en pensent les critiques ?
La presse s’accorde sur la portée politique du projet au-delà de son dispositif comique. La Croix voit dans la série « une fable fantaisiste et dérangeante », où Ditte « impose ses vues à ses voisins comme autrefois l’empire danois à ses sujets islandais ». Le Nouvel Obs souligne également « la violence ancestrale des colons scandinaves en Islande ainsi que les effets du passage de l’héroïne dans l’armée danoise sur sa personnalité ».

Le Monde insiste pour sa part sur le mécanisme central de la série, qui « moque férocement la propension de son héroïne à faire de chaque contrariété une grande cause », pointant une critique directe des logiques d’ingérence et de surinvestissement moral.
Trine Dyrholm, pilier du dispositif
L’interprétation de Trine Dyrholm est unanimement saluée. « Un superbe personnage de femme tout à la fois tordant et flippant », juge Télérama, confié à « une actrice fantastique ». Le Monde décrit Ditte comme une « Walkyrie maternelle » incarnée avec une « vigueur physique » et une « subtilité comique ». Le Nouvel Obs parle, lui, d’une « actrice exceptionnelle, capable de changer de registre d’une seconde à l’autre ».
Le Nouvel Obs met également en avant « une identité visuelle forte portée par les paysages et les lumières d’Islande ». Le Monde souligne de son côté l’apport des « séquences chantées et dansées […] élégantes, déconcertantes et drôles », qui viennent ponctuer les épisodes et accentuer le décalage du récit.