Le nouveau film de Christophe Gans revisite l’un des jeux d’horreur psychologique les plus cultes. Une adaptation qui conserve les grandes lignes du récit, mais en transforme les ressorts narratifs et émotionnels.
Près de 20 ans après le premier long-métrage sorti en 2006, la saga horrifique fait son retour au cinéma avec Retour à Silent Hill, réalisé par Christophe Gans. Le film se présente comme un reboot de la franchise et une adaptation de Silent Hill 2, soit l’épisode le plus emblématique de la série vidéoludique. Le film, qui sortira dans les salles françaises ce 4 février, s’insère dans un mouvement plus large de relance de la licence, qui coïncide avec le remake du jeu paru en 2024. Après l’accueil très mitigé de Silent Hill : Revelation en 2012, Gans revendique cette fois un retour à une horreur plus psychologique.
Le film raconte-t-il la même histoire que le jeu ?
Comme dans le jeu, le récit suit James Sunderland, un homme en deuil qui reçoit une lettre mystérieuse de Mary, la femme qu’il aimait, l’invitant à revenir à Silent Hill. Cette trame constitue le socle commun des deux œuvres. La ville brumeuse, désertée et menaçante, devient le théâtre d’une errance marquée par les apparitions monstrueuses et les visions troublantes du protagoniste. Mais là où Silent Hill 2 laissait volontairement planer le doute sur la nature des événements, le film adopte une narration plus démonstrative.

Dans le jeu, James est un homme ordinaire, dont la banalité renforce l’identification du joueur. Son passé et sa culpabilité se dévoilent progressivement, au fil de l’exploration et des rencontres. Dans le film, c’est un artiste tourmenté, interprété par Jeremy Irvine. Sa souffrance est posée dès les premières scènes comme moteur du récit. Cette réécriture promet de modifier sensiblement la perception du personnage.
Les personnages secondaires ont-ils le même rôle ?
Angela, Eddie, Laura ou Maria apparaissent bien dans le film, mais leur fonction diffère. Dans le jeu, chacun incarne une facette du trauma, de la violence ou du déni, et dispose d’un arc narratif. Le film, contraint par sa durée, simplifie ces trajectoires. Les personnages deviennent davantage des figures de passage que de véritables miroirs psychologiques.
Silent Hill 2 repose sur une horreur métaphorique : les monstres et les décors sont des projections mentales, directement liées à la culpabilité de James. Dans Retour à Silent Hill, cette dimension est partiellement conservée. Les enjeux sont souvent formulés verbalement et certains symboles deviennent des éléments narratifs concrets.