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Fake You : la vraie histoire de faux qui a secoué le monde de l’art

25 mars 2026
Par Agathe Renac
“Fake You”, le 25 mars 2026 sur Canal+.
“Fake You”, le 25 mars 2026 sur Canal+. ©Incognita Television, Vertigo Productions

Dans les années 2000, ils ont écoulé des centaines de faux pour 100 millions de francs. Dans un documentaire en six épisodes, Canal+ revient sur l’épopée de ce trio qui n’a peur de rien.

Le marché de l’art contemporain repose sur une confiance souvent fragile entre l’expert, le marchand et le collectionneur. C’est dans cette faille que se sont engouffrés Éric Piedoie Le Tiec, Jean-Charles Villa et Yaël Marciano. Écrite et réalisée par Laurent Jaoui et Raphaël Rouyer, d’après les entretiens du producteur Aïssa Djabri, la série documentaire de Canal+ décortique en six épisodes de 30 minutes l’un des plus gros scandales du marché de l’art contemporain. Durant trois ans, le trio a réussi à berner des galeristes et des personnalités du monde entier en leur assurant que leurs propres dessins et tableaux étaient des créations d’artistes reconnus. Résultat : ils ont écoulé des centaines d’œuvres et empoché 100 millions de francs.

Quelle histoire se cache derrière la série ?

« C’est l’histoire d’une arnaque spectaculaire avec pour arène l’impitoyable marché de l’art contemporain et un casting à la mesure d’un scénario hollywoodien : faussaires de talent, stars du show-business, marchands d’art, experts peu scrupuleux et enquêteurs lancés dans une traque internationale », avance le communiqué de presse. Et au cœur de ce récit, trois personnalités aussi volcaniques que cinématographiques : un artiste punk formé aux Beaux-Arts « persuadé d’être le roi des faussaires », un aspirant comédien « capable de reproduire n’importe quelle œuvre » et un ancien chauffeur de la Jet Set « devenu vendeur charismatique ».

Le trio s’attaquait aux institutions et aux collectionneurs avec une audace presque insolente. Leur commerce illégal leur a permis de générer des profits vertigineux, mais les a aussi menés à une traque haletante, de Paris à Monaco, de Saint-Tropez à Bali. Avec un rythme effréné et un ton sarcastique, Fake You retrace l’ascension fulgurante, puis la chute inéluctable de ces faussaires « qui se pensaient intouchables ».

Que sont devenus les faussaires ?

Dans un entretien accordé à Télé-Loisirs, Jean-Charles Villa et Yaël Marciano se confient sur cette période mouvementée de leur vie – le duo a perdu leur compère, Éric Piedoie Le Tiec, décédé en 2021 après une agression. « Pour moi, ça a été un grand moment de liberté, ainsi que les 8 ans qui ont suivi où j’étais en Indonésie, avance le premier. Ça m’a permis d’être là-bas ; j’ai eu une vie de rêve et c’est la plus belle période de ma vie, même si j’ai été incarcéré. »

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Et quand le média les interroge sur de potentiels scrupules, Yaël Marciano admet avoir certains regrets. « J’ai regretté pour tous les gens que je connaissais que j’avais trompé, en pensant leur avoir vendu des vrais dessins. Plus tard, quand je savais tout, je rentrais en guerre et on vendait au maximum. Donc des remords sur le moment non, plutôt après, quand on s’est fait arrêter et qu’on s’est dit : mais qu’est-ce qu’on a fait de tout cet argent ? Pourquoi on a été aussi loin ? »

Une vie de faussaire, qui leur semble désormais bien loin. Aujourd’hui, Yaël Marciano a cinq galeries à Paris et Jean-Charles Villa est en train d’écrire un roman autobiographique sur son parcours. Une manière, sans doute, de transformer une dernière fois leur propre légende en un objet culturel.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste