Le film avec Timothée Chalamet s’inspire très librement d’un véritable joueur de tennis de table, champion dans les années 1950.
Entre le faux biopic, la fiction, le film sportif et la comédie, Marty Supreme puise dans différents genres. Suivant la vie d’un prodige du tennis de table qui essaie de démocratiser le sport aux États-Unis dans les années 1950, le long-métrage réalisé par Josh Safdie met en scène Timothée Chalamet dans l’un de ses meilleurs rôles. Sa performance largement plébiscitée, le place d’ailleurs favori dans la course aux Oscars.
Mais si Marty Supreme est en partie inventé (avec ses propres thèmes et sa narration libre), le personnage de Marty Mauser se base sur un véritable champion de ping-pong, du nom de Marty Reisman.
C’est en réalité la femme de Josh Safdie qui est à l’origine du projet. Elle découvre un jour une autobiographie au nom alambiqué, The Money Player: The Confessions of America’s Greatest Table Tennis Champion and Hustler, qui revient sur la vie passionnante de Marty Reisman aux États-Unis dans les années 1950 et 1960.
Josh Safdie découvre le livre et trouve dans ce personnage une base solide pour son prochain film, co-écrit avec Ronald Bronstein et produit par Timothée Chalamet. La base du long-métrage part donc de cette biographie exaltante et de la vie surprenante de Marty Reisman.
Qui est Marty Reisman ?
Né à Manhattan en 1930, Marty Reisman se passionne très jeune pour le tennis de table et débute une carrière dans le sport alors qu’il n’a que 14 ans. S’entraînant des heures et des heures chaque jour, il fréquente les salles de sport new-yorkaises et se perfectionne dans le ping-pong, à une époque où la discipline n’a pas encore la même popularité qu’aujourd’hui. Il développe son style de jeu, basé sur le « fast hit » consistant à frapper la balle le plus tôt possible pour épuiser et faire courir ses adversaires.
À 18 ans, il participe à l’Open d’Angleterre et fait face aux plus grands, puis remporte l’US Open 1958 et 1960. Marty Reisman découvre également l’apparition de la raquette en mousse (contre celle en bois), offrant au joueur un contrôle de la balle accru et une plus grande vitesse. Il a néanmoins du mal à l’adopter, trouvant le jeu dénaturé et le bruit atténué, alors que le tennis de table est, selon lui, un « dialogue » entre deux joueurs. Pendant plusieurs décennies, Marty Reisman continue de jouer et d’entraîner la nouvelle génération avant de décéder en 2012 à l’âge de 82 ans.
Si son talent indéniable pour le sport a suffi pour qu’il fasse sensation, Marty Reisman était également un grand showman, qui prenait plaisir à faire du tennis de table un spectacle. Parieur invétéré, n’hésitant jamais à s’auto-congratuler et à railler ses adversaires, Marty Reisman était une personnalité forte et complexe qui ne passait pas inaperçu.
Arrogant et charismatique, il pratiquait le sport pour exceller, mais aussi pour divertir, se livrant régulièrement à des matchs d’exhibition avec plusieurs balles en jeu qu’il ne renvoyait pas seulement avec sa raquette, mais avec ses lunettes, ses jambes, son dos ou même des ustensiles de cuisine. Josh Safdie s’inspire de cette vie exceptionnelle pour Marty Supreme, mais assure ne pas avoir fait de biopic dans le sens traditionnel du terme. Le long-métrage avec Timothée Chalamet — malgré la ressemblance physique évidente entre les deux Marty — est avant tout une histoire originale.