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Neuralink, la startup d’Elon Musk, à la recherche de partenaires pour ses tests sur les humains

30 mars 2023
Par Kesso Diallo
L'entreprise a déjà essuyé un refus pour tester son implant sur l'homme.
L'entreprise a déjà essuyé un refus pour tester son implant sur l'homme. ©Poetra.RH / Shutterstock

L’entreprise n’a pas encore obtenu l’autorisation pour tester ses implants cérébraux sur les humains mais elle a déjà contacté un grand centre de neurochirurgie pour une éventuelle collaboration.

Fin 2022, Elon Musk déclarait que les implants cérébraux de sa startup, Neuralink, seront testés sur les humains d’ici six mois. Pour rappel, l’entreprise travaille sur un dispositif neuronal qui pourrait notamment aider les personnes aveugles et paralysées. Attendant d’obtenir le feu vert des autorités de régulation pour le tester, la société est déjà entrée en contact avec l’un des plus grands centres de neurochirurgie aux États-Unis, rapporte Reuters.

Des obstacles sur la route des premiers tests sur l’homme

Selon l’agence de presse, Neuralink s’est entretenu avec le Barrow Neurological Institute, une organisation de recherche et de traitement des maladies neurologiques basée à Phoenix, en Arizona. La startup espère qu’il l’aidera à mener à bien ses essais sur les humains mais il n’est pas sûr que les discussions aboutissent à un partenariat entre les deux. Directeur du programme de résidence du Centre de neuromodulation et neurochirurgie de Barrow, Francisco Ponce a déclaré à Reuters que l’organisation était bien placée pour mener de telles recherches sur les implants grâce à sa longue expérience dans le domaine.

Ce centre a en effet aidé à normaliser les chirurgies d’implantation cérébrale lors desquelles le patient peut rester endormi. Une étape clé pour rendre ces dispositifs plus acceptables auprès d’un large éventail de la population, selon Francisco Ponce. Cela correspond d’ailleurs à la vision d’Elon Musk, qui a déclaré que les implants de sa startup deviendraient aussi omniprésents que la chirurgie oculaire LASIK.

Les dispositifs du Barrow Neurological Institute sont cependant différents de ceux de Neuralink. Pour le premier, il s’agit d’appareils de stimulation cérébrale profonde qui aident à réduire les tremblements de la maladie de Parkinson. Autorisés par la Food and Drug Administration (FDA) – agence américaine en charge de la santé publique – en 1997, ils ont été implantés chez plus de 175 000 patients. La startup d’Elon Musk travaille, elle, sur un implant permettant la communication entre un cerveau et un ordinateur à l’aide d’électrodes pénétrant dans le cerveau ou placés à sa surface.

Jusqu’à présent, aucune entreprise n’a reçu l’approbation des autorités américaines pour commercialiser ce type d’implant et Neuralink n’est pas prête de l’obtenir. La FDA a rejeté sa demande de passer aux essais sur les humains début 2022, évoquant des problèmes de sécurité majeurs. Alors que la société s’efforce depuis de répondre aux préoccupations de l’agence, elle fait aussi l’objet de deux enquêtes fédérales par rapport à ses pratiques, dont l’une pour d’éventuelles violations du bien-être des animaux sur lesquels sont testés ses implants. Elle est en effet soupçonnée de maltraitance animale avec la mort d’environ 1 500 animaux lors de ses expériences depuis 2018, à la suite de tests bâclés.

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Kesso Diallo
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Journaliste
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