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Y’a le printemps qui chante : 10 nouveautés soul, funk, R’n’B à ne pas rater !

24 mai 2022
Par Julien D.
Y'a le printemps qui chante : 10 nouveautés soul, funk, R'n'B à ne pas rater !

Une fin d’hiver agité sur le front géopolitique, une éclosion musicale printanière qui s’installe. Si seulement ces reflets de soul, de funk, de gospel comme ces vibrations plus contemporaines pouvaient éteindre le feu et apaiser les âmes. On dit que la musique adoucit les mœurs, tentons donc cette voie… Et ces voix-la.

Au masculin, au féminin et surtout au pluriel ! Soul à l’ancienne ou 2.0, funk brut ou contemporain, R’n’B futuriste et grooves en tous genres, vous avez l’embarras du choix, de quoi vous régaler les oreilles, appaiser vos tourments… Et potentiellement danser toute la nuit avec qui vous voulez. Ce qui compte avant tout c’est d’être bien accompagné.

Sly Johnson, Mama’s Gun, Ibeyi, Kaina, Melissa Laveaux  : Back to the future

Si ils et elles ne sont pas tous de la meme génération, une chose les rassemble néanmoins : cette foi sincère dans le groove et ce soul spirit qui motive leur parcours et imprègne leurs albums. Envie d’explorations, de glissades electro, hip hop ou pop ou rock, les 5 albums ci-dessous illustrent parfaitement à quoi peut ressembler le camaieu de couleurs du genre soul/ funk en 2022.

Mélissa Laveaux – Mama Forgot Her Name Was Miracle

Mélissa LaveauxNouveau tour de piste pour l’un des timbres de voix les plus captivant de ces dernières années. La musicienne, Canadienne aux origines haïtiennes, devenue Parisienne d’adoption Mélissa Laveaux livre un Mama Forgot Her Name Was Miracle beaucoup plus musclé que Radio Siwel, sorti en 2018 (hé oui déjà). Production gonflée, pirouettes électro, featurings avec rappeurs et toujours ce sens aigu de la composition et du propos (féminisme et militantisme sont toujours au rendez-vous). En ambassadrice d’une soul post-moderne, Mélissa Laveaux tient haut le micro.

Kaina – It Was a Home

KainaNouvelle signature d’une maison plutôt habitué au rock indé (City Slang), Kaina, jeune chanteuse de Chicago aux origines latines, n’est pas du genre à vouloir singer Shakira. Dans un univers pop, kitsch et un brin décalé, elle signe un 1er LP, It Was a Home, où elle explore les différentes formes musicales qui l’ont construite. Soul langoureuse et sexy, pop-funk accrocheuse et clins d’œil bien fichus évoquant les grandes voix d’hier emballés dans des ressorts contemporains (de Dionne Warwick à Erikah Badu pour faire court).

Ibeyi – Spell 31

C’est le retour des frangines d’Ibeyi qui, après leur succès inattendu il y a quelques années, ont pris le temps de réfléchir et de se ressourcer. Encore peu de choses a se mettre sous le casque pour ce nouvel album annoncé pour la fin mai mais qui devrait réserver quelques belles surprises comme ce duo avec Jorja Smith. Les premiers extraits de Spell 31 sonnent néanmoins comme tout ce qu’on avait aimé chez les jumelles franco-cubaines : textures minimalistes et voix envoutantes.

Mamas Gun – Cure The Jones

Mamas GunVous n’aviez peut-être pas trop suivi les épisodes précédents mis en boite par Mamas Gun, un « petit » (ils sont bien 6 ou 7) groupe britannique actif depuis 2010. Sans plus de prétentions que de jouer une musique généreuse inspirée de divers courants (de la soul façon Bill Withers a des truc plus orienté soft rock dans l’esprit de Steely Dan, Doobie Brothers…) qui caractérise le groupe. Difficile de trouver leurs compositions « datées » ou « actuelles » tant parfois le jeu des influences est nourri et ce Cure The Jones ouvragé. Hors des modes et des ficelles vendeuses du moment en tous cas.

Sly Johnson – 55,4

Sly JohnsonIl fallait bien un bonhomme dans ce paragraphe histoire d’assurer un semblant de parité. C’est donc à l’ex-Saian Supa Crew Sly Johnson que revient ce rôle. A l’heure où on écrit ces lignes, le single Trust Me nous obsède jour et nuit, entre reflets Prince-iens et echos du grand abonné absent de ces dernières années (D’Angelo). On le savait déjà, mais le beat boxer et ex-rappeur est avant tout un véritable funkateer et un chanteur hors pair. Un single organique en guise d’avant-goût, précis et inspiré par la culture musicale qu’on devine solide de Johnson, dont le 4eme opus solo, 55’4, sortira chez les anglais de BBE courant mai 2022.

Dedicated Men To Zion, Monophonics, Orgone, Eli Paperboy Reed, Lady Blackbird : back to basics

Appelez-les « revivalistes » si ça vous chante, ces groupes et ces artistes se font surtout les porte-voix d’un langage mis au point il y a quelques décennies par les piliers du funk, de la soul, du blues et de ses reflets gospel. Pourquoi refuser l’évidence, les frasques des James Brown, Sly & and The Family Stone, Parliament/Funkadelic, Otis Redding, Betty Davis, Nina Simone et autres Staples Singers font parti du passé. Alors plongeons-nous avec appétit vers celles et ceux qui leur ont emboîté le pas.

Lady Blackbird – Black Acid Soul

Lady BlackbirdCette Lady Blackbird par exemple qui ré-interprète avec un charisme et un feeling déconcertant un grand succès des Three Degrees (Collage) ou de cette bombe southern soul signée Reuben Bell (It’s Not That Easy). Black Acid Soul, son album tout juste paru fait parler de lui doucement, mais surement. Prescripteurs inspirés, bouche à oreille, concerts complets et émotion à fleur de peau pour un album aux confins d’une gorgé d’une soul sexy et de vibrations jazz élémentaires et organiques.

Dedicated Men Of Zion – The Devil Don’t Like It

Dedicated Men of Zion Vous aimez les belles voix, chaudes et en harmonies parfaites ? Dans les années 60 et 70, pour quelques groupes tels que les Staples Singers ou les Edwin Hawkins Singers (les têtes de proue du gospel grand public), on dénombrait des centaines de combos derrière chaque paroisse. C’est cet héritage auquel vos oreilles vont succomber à l’écoute de The Devil Don’t Like It, deuxième album des Dedicated Men Of Zion. Un quartet venus des confins de la Caroline du Nord avec un accompagnement à la vitalité électrique, dans la grande lignée de ces groupes de gospel funk & gospel soul souvent produits avec l’argent des fidèles qui sont aujourd’hui pistés par les labels spécialisés de rééditions et les collectionneurs de vinyles. La soul c’est sacré on vous a dit !

Eli Paperboy Reed – Down Every Road

Eli Paperboy Reed Eli Paperboy Reed, lui trace son sillon depuis une bonne dizaine d’année déjà avec un rhythm & blues digne des productions Stax. On pense inévitablement à Otis Redding. Down Every Road, son dernier opus est d’une parfaite limpidité sur ses influences et ce fameux langage musical qui l’habite. On pourrait d’ailleur se demander ce que fabrique ce talentueux chanteur et guitariste dans une époque où on gagne son salaire en publiant des vidéos de 10 secondes sur Tik tok. Eli, t’es pas né au bon moment, mon ami.

Orgone – Lost Knights

OrgoneEt pour finir, ne ratez pas deux actuels ténors de la scène made in Bay area/San Francisco. Orgone, un solide groupe californien, copains à la scène avec Monophonics, et dont le single qui annonce leur prochain album, Lost Knights, sonne comme un brulot psyché-funk-rock tout droit sorti des seventies.

Monophonics – Sage Motel

Sage MotelPuisqu’on les évoque et qu’il viennent tout juste de boucler leur tournée française plusieurs fois reporté, sachez que Monophonics remet le couvert. Alors qu’on se délecte encore de It’s Only Us sorti en plein confinement, c’est Sage Motel, nouveau LP de Kelly Finnigan et ses accolytes qui devrait se glisser logiquement dans notre bande-son de printemps. Miam ! 

Et pour finir en beauté, n’oubliez pas d’aller faire un tour sur la page Digger’s Corner du mois d’avril. Une bonne façon de faire le plein de vinyles de soul, de funk, de jazz et plus si affinités. Allez hop, au coin !

Article rédigé par
Julien D.
Julien D.
Disquaire à la Fnac Montparnasse
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