Critique

Journal inquiet d’Istanbul d’Ersin Karabulut : une plongée dans la vie d’un dessinateur de presse

03 octobre 2022
Par Anastasia
Journal inquiet d’Istanbul d’Ersin Karabulut : une plongée dans la vie d’un dessinateur de presse

Dans Journal inquiet d’Istanbul, Ersin Karabulut nous emporte dans les prémisses de sa vie de dessinateur, au gré des politiques qui rythment le quotidien de la Turquie. Une BD à ne pas manquer.

Tome 1 d’une suite qui se fait déjà attendre, Journal inquiet d’Istanbul nous emmène dans la vie d’Ersin Karabulut, au cœur d’un pays en pleine effervescence : la Turquie.

Caricaturiste, dessinateur de presse et de bandes dessinées, Ersin Karabulut s’impose très vite dans cet univers, que ce soit par ses récits où pointe toujours l’humour, que pour ses illustrations particulières qui démontrent tout le talent dont est capable l’artiste.

Journal-inquiet-d-IstanbulLe début d’une passion

Dans cette BD, il est question de parcourir son enfance au gré des pages.

Né au début des années 1980 à Istanbul, le jeune garçon se découvre très vite une passion pour le dessin et la BD, passion dans laquelle il peut rapidement s’épanouir grâce au matériel graphique de son père qui réalise de petites peintures pour arrondir les fins de mois.

Seulement, le petit garçon qu’il est alors est loin d’avoir connaissance (ni pleinement conscience) de l’état politique de son pays et de sa lente traversée d’une démocratie à une dictature religieuse marquée par l’ascension progressive d’Erdogan au pouvoir.

Quand cette passion commence à prendre de plus en plus de place dans sa vie, ses parents s’en inquiètent, surtout son père qui voit dans ce domaine une porte fermée et dangereuse. Dans ce pays, ceux qui manient plumes et crayons le paient cher.

Des îlots de sauvetage au coeur du chaos

Vous l’aurez compris, Journal inquiet d’Istanbul est aussi et surtout la chronique d’un pays qui se voit séparé entre la Gauche et la Droite, envahi par des groupes de mafieux qui n’hésitent pas à faire leur loi, enhardis par l’arrivée progressive d’Erdogan au pouvoir.

Mais c’est aussi la chronique de populations qui se sont battues pour leurs droits, pour la liberté d’expression, pour combattre le fanatisme religieux.

Lorsqu’Ersin met pour la première fois les pieds dans le quartier de Beyoğlu, c’est un tout autre Istanbul qui se déploie autour de lui : des cinémas, des librairies, des cafés, la frénésie d’une vie à laquelle il ne participait pas et qui pourtant existait. Au-delà de ses magazines. Au-delà de ses rêves. Là-bas, il y fera la rencontre d’une autre culture, d’adultes différents que ceux qui côtoient son quartier : bordéliques et joyeux, rieurs et sérieux. Engagés. Toutes ces dualités qui se côtoient et qui savent comment vivre ensemble.

Après de nombreux refus, mais une hargne et une volonté sans pareil pour réaliser son rêve, Ersin voit son premier dessin publié en 1997 dans le journal « Pismis Kalle » (« Tête brûlée »). Ce sera le premier d’une longue suite.

Un témoignage important

Avec humour, clairvoyance et authenticité, Ersin retrace son enfance et les jeux de lancers de dés ; son adolescence et ses premières rencontres amoureuses ; sa jeune vie d’adulte et la publication de ses premières planches ; le début de sa reconnaissance. Il parle aussi des dangers de son métier, mais aussi du besoin de témoigner. De se poser des questions et de remettre en cause l’ordre établi.

La dernière page est tournée nous laissant dans l’attente de la suite (que l’on espère rapide à venir).

À découvrir sans tarder !

Parution le 19 août 2022 – 152 pages

Journal inquiet d’Istanbul, Ersin Karabulut (Dargaud) sur Fnac.com

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