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Des Américains à Paris (et ailleurs)

29 avril 2022

L’instant Lire à la Fnac : le rendez-vous de toutes les littératures à ne pas manquer. Baptiste Liger, directeur de la rédaction du magazine Lire – Le Magazine Littéraire, partage ses conseils de lecture. Ils nous viennent tous d’outre-Atlantique, ils sont écrivains. Leur point commun ? Ils vivent à Paris ou bien en France ! On vous en dit plus !

Des Américains à Paris

Baptiste Liger : « Et si la France était devenue une sorte de paradis pour les écrivains américains ? Illustration façon Emily in Paris.

D’un point de vue littéraire, l’Hexagone n’appartient pas aux seuls ressortissants français. La littérature le prouve, nombre de plumes étrangères, en particulier anglo-saxonnes et évidemment venues d’outre-Atlantique, se sont en effet intéressées à notre pays et même, pour certaines d’entre-elles, se sont installées dans celui-ci.

James Fenimore Cooper, l’auteur majestueux du Dernier des MohicansHenry James, ou bien encore Edith Wharton. Il y a, bien sûr, tout le mouvement de la génération perdue, Francis Scott FitzgeraldHenry Miller et sa muse Anaïs Nin, ou encore Ernest Hemingway, l’auteur de Paris est une fête, ouvrage véritablement culte qui appartient pratiquement, allez disons-le, au patrimoine culturel français.

Le-dernier-des-Mohicans
Paris-est-une-fete

Songeons aussi à la créatrice de la librairie anglo-saxonne un petit peu culte ici, à Paris, « Shakespeare and Company », à savoir Sylvia Beach.

D’ailleurs, le saviez-vous ? Deux prix Goncourt ont été attribués à des écrivains américains ou franco-américains. Il y a Jonathan Littell bien sûr, l’auteur des Bienveillantes. Mais aussi, un certain John-Antoine Nau, aujourd’hui un peu tombé dans les oubliettes, qui n’est autre que le premier lauréat de cette grande distinction.

Les-Bienveillantes
Force-ennemie

Des Américains en France

Mais au-delà de l’Histoire, l’actualité éditoriale du moment nous rappelle cette proximité entre l’Amérique et la France.

Songeons tout d’abord à la papesse de la littérature jeunesse, la désormais niçoise Susie Morgenstern, autrice notamment de La Sixième, des Lettres d’amour de 0 à 10, qui nous propose aujourd’hui ses secrets d’écriture dans Écrire c’est respirer.

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Lettres-d-amour-de-0-a-10-poche
Ecrire-c-est-respirer

C’est dans le sud-ouest, quant à lui, que s’est installé Eddy L. Harris, dont on peut relire la virée tout au long d’un célèbre fleuve dans Mississipi Solo, qui vient d’être réédité en format poche.

Il y a aussi le cas des écrivains franco-américains tel Mark Greene qui nous propose dans son dernier roman, L’idée de l’amour, de visiter un petit peu la Bourgogne et plus exactement les écuries nivernaises.

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L-idee-de-l-amour

Le cas Douglas Kennedy

Enfin, last but not least, celui qui passe une bonne partie de son temps chaque année à Paris, à savoir Douglas Kennedy, qui fait son retour en librairie avec Les hommes ont peur de la lumière.

Dans ce cru 2022, l’auteur entre autres des Désarrois de Ned Allen raconte l’explosion d’un bâtiment, ou plus exactement d’une sorte de clinique où on pratique l’avortement. Drame vu par deux protagonistes, un chauffeur d’une société privée que je n’ai pas besoin de nommer et sa cliente, une grande bourgeoise. Deux témoins de l’évènement, aux antipodes l’un de l’autre socialement et qui vont découvrir des vérités qu’ils ne soupçonnaient pas.

Une fois encore, avec un grand sens du romanesque, Douglas Kennedy combine ce qui pourrait relever du thriller et une véritable critique de son propre pays. Comme quoi, derrière bien des auteurs américains, il y a de vrais bons français qui sommeillent.

Toutefois ne soyons pas chauvins, l’inverse existe aussi, avec des plumes bien de chez nous qui choisissent de partir de l’autre côté de l’Atlantique, à l’image de Marc Levy, on y reviendra. À bientôt ou plutôt see you later. »