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Google prêt à accepter la censure pour se relancer en Chine ?

02 août 2018
Par Romain Challand

Google pourrait relancer son moteur de recherche en Chine, sous la forme d’une application Android proposant les mêmes outils de censure que ceux déjà en vigueur dans le pays.

Entre Google et sa devise originelle « Don’t Be Evil », il y a de l’eau dans le gaz. Depuis quelque temps, la firme américaine semble la porter comme un fardeau, et tente de s’en débarrasser désespérément. L’exemple le plus récent concernait jusque là un projet d’intelligence artificielle pour drones, développé avec l’armée américaine, et contre lequel des centaines d’employés s’étaient mobilisés. À la suite de cet épisode, le code de conduite de Google a été modifié, faisant disparaître la plupart des mentions à « Don’t be evil », tandis que le projet Maven était abandonné.

 © Pixabay
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Aujourd’hui, et d’après les informations publiées par The Intercept, Google s’apprêterait à faire une entorse à son code de conduite. Selon le média, qui s’appuie sur des propos et documents fournis par des participants au projet, Google pourrait en effet lancer prochainement une version censurée de son moteur de recherche en Chine. Cette version sur-mesure serait modifiée pour filtrer les termes de recherche que le gouvernement chinois interdit, tels que ceux concernant l’opposition politique, le sexe, ou la liberté d’expression. Chaque fonction de recherche comporterait des listes noires, faisant de ce moteur un by Google de ce qui se fait déjà dans l’Empire du Milieu. Rappelons qu’actuellement, aucun service Google n’est accessible dans l’Empire du Milieu, et impose aux habitants du pays ainsi qu’aux voyageurs de faire appel à des VPN d’ailleurs illégaux dans le pays… ou à des services tiers.

Baptisé Dragonfly en interne, le projet de Google prendrait la forme d’une application Android, dont la version définitive pourrait être lancée dans les six à neuf prochains mois, en fonction de son approbation par les autorités chinoises. Le développement de cette app se serait notamment accéléré après la rencontre en décembre dernier entre Sundar Pichai, le CEO de Google, et certains membres du gouvernement chinois.

Ce qui étonne encore plus, c’est que Google avait déjà eu une version censurée de son moteur de recherche en Chine entre 2006 et 2010, fermé après que l’entreprise a fait l’objet de sévères critiques aux États-Unis.

Article rédigé par
Romain Challand
Romain Challand
Journaliste
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