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On sait enfin pourquoi un véhicule autonome Uber a percuté mortellement une cycliste

09 mai 2018
Par Romain Challand

L’accident mortel survenu en mars dernier entre un véhicule Uber et un piéton pourrait finalement être dû à une erreur humaine, en raison d’un calibrage laxiste de la détection d’obstacles.

Rappelez-vous. En mars dernier, un véhicule autonome de la société Uber percutait mortellement une cycliste qui traversait la route, déclenchant une vaste période d’interrogation autour de l’accident. Pourquoi le véhicule n’a-t-il pas détecté la victime ? Est-ce que le véhicule a tout mis en oeuvre pour l’éviter ? Dans quelle mesure la personne derrière le volant est-elle impliquée dans ce drame ? Aurait-elle fait mieux que la voiture pour tenter d’éviter l’accident ? Les internautes ont largement mené l’enquête en attendant que Uber finalise la sienne. Et aujourd’hui, les causes de l’accident semblent être connues.

 © Uber/Volvo
© Uber/Volvo

En effet, d’après The Information qui cite des personnes proches de l’enquête, Uber aurait déterminé que la cause de cette collision fatale est dûe au logiciel de la voiture. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le véhicule aurait bel et bien détecté l’obstacle sur la route. Mais alors pourquoi n’a-t-il pas dévié sa trajectoire ? En fait, il aurait délibérément préféré rester sur sa trajectoire, considérant que l’obstacle n’était qu’un objet « insignifiant », comme pourrait l’être un sac plastique.

Il s’agirait là d’un choix fait par les ingénieurs de rendre le logiciel moins tatillon avec ces objets, les véhicules autonomes ayant tendance à s’arrêter au moindre obstacle sur la route. Sauf que le curseur a ici été mis trop loin, et que la voiture n’a par la suite pas pu réagir à temps. Alors pourquoi ces essais ? La raison pourrait être de « confort », Uber cherchant à rendre la conduite autonome le plus fluide possible pour satisfaire ses futurs clients.

Pour le moment, Uber n’a pas communiqué officiellement au sujet des conclusions de l’enquête. La compagnie devrait logiquement attendre les conclusions de la National Transportation Safety Board pour en parler.

Article rédigé par
Romain Challand
Romain Challand
Journaliste
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